Après des années de flambée incontrôlée, le nombre d’annonces Airbnb commence enfin à reculer sur la Côte d’Azur. Signe qu’un tournant s’opère ? À Cannes, la baisse pourrait offrir un peu de répit face à la pénurie de logements.
Ce n’est malheureusement pas une surprise. La crise du logement continue de s’aggraver sur la Côte d’Azur. Trouver un bien à louer sur l’année reste très compliqué et relève souvent du parcours du combattant.
Il faut dire qu’en France, les locations longue durée ont fondu de 60% en trois ans et les prix continuent de flamber, selon SeLoger. Et Cannes suit cette tendance nationale. Dans la cité des festivals, les loyers atteignent des sommets, avec une hausse de 11,3% sur les studios et T1 entre 2022 et 2024.
La faute en partie à la prolifération des meublés touristiques qui ont explosé ces dernières années. Dans les Alpes-Maritimes, l’ampleur du phénomène reste spectaculaire. Le département compte encore 47.008 annonces Airbnb en 2025. Ce qui en fait l’un des plus gros foyers de logements touristiques du pays.
Une baisse des annonces Airbnb à Cannes ?

Mais si pendant longtemps l’explosion des locations de courte durée semblait incontrôlable, un coup d’arrêt apparaît. Selon les données du Collectif national des habitants permanents (CNHP), qui alerte sur les conséquences des meublés touristiques, le nombre d’annonces Airbnb à Cannes est passé de 10.189 en 2024 à 8.891 en 2025, soit une baisse de 12,4%.
C’est dans le centre-ville que se concentre la majorité de ces logements avec 41,8%, alors que ce secteur ne représente que 9,4% de la surface habitable de la commune. La densité de meublés y est huit fois plus élevée que dans le reste de Cannes. Mais surtout, plus de 30% des logements du centre sont utilisés pour de la location touristique.
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Résultat, les annonces Airbnb représentent 88% du volume de locations longue durée sur le marché immobilier à Cannes. Selon le site Ville de Rêve, réduire de moitié le nombre d’Airbnb dans ce secteur permettrait de reloger plus de 7.000 habitants.
De son côté, la municipalité précise toutefois que seulement 13% des logements sont officiellement des meublés de tourisme, et que 92% d’entre eux concernent des résidences secondaires.
Tour de vis de la mairie
Pour limiter la hausse des locations touristiques, la municipalité durcit le ton et met en place des mesures restrictives. Par exemple, les boîtes à clés accrochées illégalement sur l’espace public sont désormais traquées. Au total, 204 ont déjà été retirées par la police municipale. Le plafond des 120 jours de location est aussi appliqué avec rigueur. Quant aux immeubles transformés en “hôtels clandestins”, ils sont désormais fermés sur-le-champ.
Et surtout, dès l’été 2026, certains quartiers verront des quotas sur les meublés touristiques. En août dernier, le maire David Lisnard a annoncé au site Actu.fr que la Banane et Le Suquet (classées comme zones tendues) seront régulés grâce à la “loi anti-Airbnb”. Une manière de réduire la spéculation, mais également de laisser plus de place aux habitants permanents.
Les mesures restrictives de la mairie commencent doucement à produire des effets. Ce recul reste certes modeste, mais il marque peut-être un tournant pour redonner une chance à ceux qui souhaitent vivre à Cannes toute l’année.

