Un immeuble entier transformé illégalement en hôtel a été fermé par la Ville. Face à la multiplication de ces établissements clandestins dans la région, Cannes cherche à renforcer son arsenal pour défendre les professionnels et protéger le logement des actifs.
Si la lutte contre les boîtes à clés Airbnb qui fleurissent un peu partout sur l’espace public se poursuit à Cannes, une autre activité illégale liée à l’hébergement de touristes prend de l’ampleur sur la Côte d’Azur.
Dans une adresse discrète du quartier du Petit-Juas à Cannes, la municipalité a mis un coup d’arrêt à un “faux hôtel” installé dans un immeuble d’habitation. Une dérive que la Ville entend bien combattre fermement.
Un immeuble maquillé en hôtel

La Ville a mené une enquête sur cet immeuble d’habitation, après le signalement de riverains, intrigués par le défilé de touristes. Et les soupçons se sont vite confirmés.
Derrière les portes, un véritable hôtel clandestin fonctionnait sans la moindre autorisation. Sur les sites de réservation en ligne, le lieu proposait des prestations comparables à celles d’un établissement traditionnel.
Accueil de touristes, services réguliers… En toute impunité, sans respecter les règles de sécurité ni les obligations administratives, l’établissement échappait à tous les contrôles imposés aux professionnels du secteur. Une situation jugée inacceptable par la municipalité, qui a immédiatement prononcé sa fermeture administrative le 21 juillet dernier.
“Très concrètement, l’immeuble en question avait été transformé illégalement en établissement hôtelier, bien sûr sans se conformer aux mêmes règles que tout gérant doit respecter, notamment en termes de sécurité, d’accessibilité et de protection des clients”, a rappelé David Lisnard, maire de Cannes, dans un post publié sur les réseaux sociaux. C’est le cinquième de ce type à être fermé en 18 mois.
Des sanctions pour préserver l’équité et l’habitat
Ce type de dérive représente une double menace pour la Ville. D’un côté, il porte atteinte à la concurrence loyale entre professionnels du tourisme. Et de l’autre, il contribue à détourner les logements classiques vers des usages touristiques, au détriment des habitants. Quand on sait que se loger sur la Côte d’Azur est un luxe…
“Nous sommes pour la liberté commerciale, qui n’est pas la distorsion commerciale, ce qui exige que chacun respecte les règles, condition de l’équité”, a précisé le premier magistrat de la ville.
“Pour protéger le tissu économique local et préserver l’excellence de l’image de la destination Cannes, la municipalité poursuivra avec la plus grande rigueur ses actions de contrôle et de sanction à l’encontre de ceux qui contreviennent aux règles”, explique la Ville dans un communiqué.
Le propriétaire de l’immeuble devra désormais faire un choix. Soit il se met en conformité pour devenir officiellement un hôtel, ou bien il restitue le bâtiment à sa vocation résidentielle. En attendant, une astreinte de 500 euros par jour pourra être appliquée en cas de non-respect.




