Envolée des meublés touristiques, pression sur le logement… À Cannes, le phénomène du surtourisme semble s’accélérer. Une récente étude dresse un constat inquiétant sur plusieurs grandes villes françaises, dont la cité des festivals, classée parmi les plus touchées par l’afflux massif de vacanciers.
C’est un chiffre qui en dit long sur l’évolution de la situation sur la Côte d’Azur ces dernières années. Dans son nouveau classement, la start-up “Ville de rêve” dresse un état des lieux préoccupant du phénomène de surtourisme dans l’Hexagone. Ce mardi 24 juin 2025, l’entreprise dévoile un étude, pointant du doigt les villes les plus exposées, où l’équilibre entre tourisme et qualité de vie locale est désormais menacé.
Pour établir son classement, l’entreprise a croisé plusieurs indicateurs issus de données publiques et privées. Elle s’est notamment appuyée sur le nombre d’annonces de meublés touristiques recensées sur Airbnb entre 2021 et 2025, la proportion de loueurs possédant au moins trois biens, la densité de bars et restaurants au kilomètre carré, ainsi que le ratio entre nouvelles offres Airbnb et transactions immobilières.
Ces éléments permettent d’attribuer à chaque ville une note de A à E, appelée “Touriscore”. Une sorte d’indice qui mesure la pression touristique subie au cœur des zones urbaines.
Cannes fortement exposée au surtourisme

Dans les villes de plus de 50.000 habitants, huit affichent le plus haut niveau d’alerte au surtourisme. Parmi elles, Cannes figure aux côtés de Nice, Annecy, Antibes, Paris, Avignon, Aix-en-Provence et Marseille, toutes notées E au Touriscore.
D’après les données récoltées, 32,5% des logements du centre-ville de Cannes sont désormais destinés à la location de courte durée, souvent via la plateforme Airbnb. Cette offre particulièrement élevée est gérée à 54% par des professionnels possédant au moins trois annonces. Une tendance qui transforme radicalement le marché immobilier de la ville.
Dans le centre-ville, les locations touristiques y sont huit fois plus présentes que dans le reste de la ville. Résultat, les logements pour les résidents permanents se font plus rares, et les prix s’envolent. Entre 2022 et 2024, “Ville de Rêve” parle d’une augmentation de 11.3% des loyers moyens des studios et T1.
L’étude va plus loin et évoque une “capacité touristique réelle” en hausse de 16% à Cannes entre 2015 et 2025. Un bond directement lié aux nombreux évènements organisés dans la cité, mais aussi à la multiplication des meublés touristiques, qui représentent désormais 88% du volume des annonces de location longue durée. “Une réduction de 50% du nombre de Airbnb dans le centre-ville de Cannes permettrait de loger 7.171 habitants”, souligne le palmarès.
Cannes joue la carte de l’équilibre

Pour les locaux, cela signifie une tension sur le marché, mais aussi une pression grandissante sur les infrastructures, les transports ou encore la tranquillité des quartiers.
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À Cannes, le débat autour des locations touristiques reste sensible. Alors que de nombreuses villes ont adopté un quota de meublés prévu par la loi Meur pour encadrer Airbnb, la municipalité fait un autre choix. Elle préfère cibler les abus plutôt que de limiter systématiquement l’usage.
Le maire David Lisnard assume cette position en soulignant les bénéfices économiques pour les habitants et la ville, notamment lors des grands événements comme le Festival de Cannes. En parallèle, la Ville mène des actions visibles, comme la suppression des boîtes à clés installées illégalement dans l’espace public.


