Après le secteur Gambetta, ce sont les abords du Palais des Festivals de Cannes qui viennent d’être équipés de paniers de récupération des déchets sous les grilles des avaloirs des eaux de pluie. Un outil indispensable pour lutter contre la pollution de la Méditerranée.
Et si les mégots et plastiques ne finissaient plus à la mer ? C’est le pari que fait l’Agglomération Cannes Lérins et la Ville de Cannes en franchissant une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution marine.
Aux abords du Palais des Festivals, les visiteurs ne les remarqueront peut-être pas tout de suite. Et pourtant, sous leurs pieds, 42 paniers anti-déchets ont été discrètement installés. L’objectif est d’intercepter les macro-déchets portés par les eaux de pluie avant qu’ils ne terminent dans la mer.
Un geste simple pour une pollution évitée

Ces paniers, conçus pour retenir les déchets solides transportés par les eaux de pluie, ont été mis en place à l’exutoire du vallon de la Foux, un point de passage stratégique. Ce ruisseau urbain, qui prend sa source au Cannet, traverse la ville avant de se jeter dans la Méditerranée au pied même du Palais des Festivals.
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Dans les rues, tout déchet jeté au sol peut donc finir sa course en mer. Grâce à ces installations, c’est désormais une barrière supplémentaire qui se dresse pour enrayer ce cycle. Les paniers, de tailles différentes, sont posés sous les grilles d’eaux pluviales et peuvent accumuler jusqu’à 30 kg de détritus. Ils permettent de filtrer les papiers, mégots, plastiques, canettes et autres résidus solides, tout en laissant passer l’eau.

Stéphane Azikian, à la tête de Pollustock, l’entreprise mandolocienne qui conçoit ces équipements, l’explique clairement : “Toute l’eau qui circule sur la voirie passe dans ce panier. On laisse passer l’eau et on retient tous les déchets”. Un système de surverse intégré permet en effet d’assurer le bon écoulement, même en cas de fortes pluies, sans bloquer l’infrastructure.
Ces paniers sont aussi équipés de capteurs connectés, capables de remonter des données sur leur niveau de remplissage. Ce suivi en temps réel permet une gestion plus efficace et ciblée du ramassage.
“Un mégot de cigarette peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau”

Cette action vient compléter un réseau déjà amorcé dès 2020, avec 21 paniers installés sur la place Gambetta et des filets de captation disposés à la sortie des canalisations des ports et vallons cannois.
Le maire de Cannes, David Lisnard, souligne l’importance de ces dispositifs simples et concrets : “Ce que nous installons ici, c’est un geste utile, concret, pragmatique”, affirme l’édile. “Le Vallon de la Foux traverse des zones très urbanisées avant de se jeter ici, au pied du Palais. C’est un endroit clé pour retenir les déchets avant qu’ils n’atteignent la Méditerranée. 80% des déchets de la mer proviennent de la terre”.
Avec un coût moyen de 500 euros par unité, l’investissement global avoisine les 17.000 euros. Et la municipalité ne compte pas s’arrêter là. Elle prévoit d’étendre le dispositif sur la Croisette, puis à l’ensemble de la ville. Dans cette lutte contre la pollution marine, Cannes entend bien rester à la pointe.

