Le maire David Lisnard avait annoncé la mise en place de mesures locales dès 2026 pour limiter les bateaux de croisières en baie de Cannes. Mais le préfet Laurent Hottiaux vient d’annoncer la signature dans les prochains jours d’un arrêté visant à réguler les paquebots. Une décision de l’État que l’édile a largement critiqué auprès de Cannes Actus.
“Je ne comprends pas ce mépris pour le travail local”, lance, agacé, David Lisnard. Voilà près d’un an que le torchon brûle entre l’État et les collectivités locales. Le sujet de la discorde ? La régulation des bateaux de croisière au large des communes de la Côte d’Azur.
En juin dernier, le maire de Cannes David Lisnard annonçait réduire de 48% la présence des gros paquebots en baie dès 2026. Les escales des navires de plus de 3.000 passagers seraient limitées à une seule par jour. Le plan privilégie également des navires plus petits et moins polluants, tout en plafonnant la fréquentation à 6.000 croisiéristes par jour.
Une régulation rendue possible grâce au contrat signé en 2022 avec le concessionnaire du Vieux-Port, la société MVPC. Celui-ci prévoyait déjà une réduction progressive de l’accueil des gros navires à la fin des travaux du terminal croisière prévu en 2028.
Mais quelques mois plus tard, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux reprend le dossier brûlant. À l’issue d’une consultation avec les différents acteurs, il propose d’établir une moyenne de 2.000 débarquements par jour, et jusqu’à 3.000 croisiéristes simultanés. Les navires de plus de 1.300 passagers seraient limités à une escale par jour. En juillet et en août, la règle limiterait les escales à 15 par mois. Mais pour le maire de Cannes, ces seuils restent “trop élevés et permissifs”.
Un arrêté préfectoral pour réguler les bateaux de croisière à Cannes

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Après des mois de tensions, un arrêté interpréfectoral sur les escales de paquebots dans la baie de Cannes devrait être signé dans les prochains jours, a annoncé Laurent Hottiaux à Nice-Presse, ce vendredi 5 décembre.
Le préfet rappelle que la gestion de ces flux relève de l’État. Les discussions ont visé à rechercher un accord ou, à défaut, à permettre la signature d’un texte contraignant rédigé avec la préfecture maritime.
“Les initiatives prises jusque-là étaient désordonnées, illégales et nourrissaient les polémiques” a‑t-déclaré auprès du journal local. “Nous avons travaillé avec tous les acteurs, publics et privés, en abordant les volets sanitaires, écologiques et économiques. L’État prend ses responsabilités et l’arrêté interpréfectoral sera signé avant le 31 décembre 2025”.
“Scandaleux et irrespectueux” pour le maire de Cannes David Lisnard

Mais cette décision ne passe pas pour le maire de Cannes, qui juge que les annonces de l’État ne répondent pas aux réalités locales. Interrogé par Cannes Actus ce 5 décembre, David Lisnard ne cache pas son exaspération. “Il prend l’arrêté qu’il veut. Je n’ai pas de pouvoir sur les bateaux de croisière dans la baie. Les unités ne sont pas à Cannes, mais au large de Cannes, là où le préfet à une autorité. En revanche, j’ai un pouvoir sur le port”, lance-t-il à notre micro.
L’édile souligne “le travail de fond mené avec les acteurs pour limiter simultanément la taille et le nombre des paquebots dans la baie”, en précisant qu’il n’est pas opposé aux croisières, qui “génèrent de l’activité et des retombées économiques”.
David Lisnard assure que le préfet lui avait reconnu “les yeux dans les yeux” la qualité du dispositif municipal. “Les bateaux de croisière iront dans la baie, mais ils ne viendront pas à Cannes. Je ne comprends pas ce mépris pour le travail local. C’est absolument scandaleux et irrespectueux. Je me battrai tant que je peux contre l’abus, ce qui pollue l’environnement et le paysage.”
Le maire réclame désormais que le pouvoir de police soit partagé entre l’État et la commune : “Les Cannois savent mieux ce qu’il faut pour Cannes que le préfet”. Il prévient enfin que l’arrêté préfectoral annoncé “aura une portée très limitée”.
