Chaque été, les touristes affluent en masse à Mandelieu. Face au rush estival, la mairie passe à la vitesse supérieure en renforçant sa police municipale et son centre de vidéoprotection pour garantir la sécurité.
Ils sillonnent la ville 24h/24, 7 jours sur 7. À pied, en voiture, à moto, à vélo, ou encore en bateau, la police municipale de Mandelieu-La Napoule traque toute l’année la délinquance et les incivilités.
Le maire Sébastien Leroy (Nouvelle Énergie) a fait de la sécurité publique une priorité absolue. Juste avant cette saison estivale 2026, période durant laquelle la ville voit sa population doubler, Pierre Boutillon, le directeur de la police municipale, détaille en exclusivité pour Cannes Actus le dispositif mis en place.
Cannes Actus : Combien de policiers municipaux sont mobilisés à Mandelieu ?

Pierre Boutillon : Nous sommes plus nombreux que l’an dernier. On compte désormais 50 agents de la police municipale à Mandelieu toute l’année, soit 10 de plus qu’en 2025. C’était une volonté du maire Sébastien Leroy.
À cela s’ajoutent les ASVP, les opérateurs de vidéoprotection du Centre de Supervision Urbain (CSU) et le personnel administratif. En tout, environ 80 personnes sont mobilisées pour assurer la sécurité publique à Mandelieu.
C.A : Avez-vous recruté pour la saison estivale 2026 ?
P.B : Chaque été, des saisonniers intègrent nos rangs pour s’occuper de la surveillance des plages et de la baignade. Quelques agents sont mobilisés pour piloter les bateaux de la brigade nautique afin de permettre aux policiers de se consacrer à leurs missions.
C.A : Quelles sont-elles ?
P.B : On est avant tout une police de la tranquillité publique. À Mandelieu, l’objectif est donc d’aller au-delà de la sécurité en luttant contre les incivilités et les nuisances. Tout ce qui concerne la délinquance routière, les conduites dangereuses et le bruit excessif, fait partie de notre quotidien. Nos équipes gardent un œil attentif sur ces comportements qui empoisonnent la vie des habitants.
L’été, nos agents s’organisent aussi contre les cambriolages. Et leur nombre a chuté ces dernières années, grâce notamment à notre opération de prévention « tranquillité vacances ». Il y aussi le fléau des vols d’opportunité dans les voitures, et plus globalement les faits de délinquance.
C.A : Vous ciblez des zones et des quartiers en priorité ?
P.B : Nous avons des lieux où les problématiques sont bien identifiées, notamment sur les plages et les parkings à proximité, là où les délinquants trouvent des cibles faciles, surtout l’été.
L’année dernière, plusieurs vols ont été recensés dans les véhicules. Des individus utilisent un système capable de dupliquer les clés électroniquement. Ils s’emparent d’un téléphone ou d’un ordinateur portable sans que vous vous en aperceviez, car il n’y a pas d’effraction ou de dégradation. Heureusement, les auteurs ont été interpellés.
C.A : La commune dispose d’un important réseau de vidéoprotection. Quel rôle joue-t-il au quotidien ? Allez-vous renforcer votre Centre de Supervision Urbain ?
P.B : Aujourd’hui, la vidéosurveillance est incontournable. La ville compte près de 500 caméras réparties sur l’ensemble de la commune. En 2025, nous avons atteint un taux d’élucidation de 95%.
Mais c’est aussi un outil dissuasif. Le message que l’on fait passer est : si vous avez l’intention de commettre un méfait à Mandelieu, vous avez 95% de chance d’être filmé et rattrapé.
Dans les prochains mois, notre CSU va encore évoluer et gagner en performance. Des écrans dernier cri vont être ajoutés pour nous permettre d’être encore plus efficaces, et de repérer le moindre comportement suspect en temps réel.
C.A : Comment luttez-vous contre la consommation de stupéfiants et de protoxyde d’azote ?

P.B : On applique le principe de la tolérance zéro. J’espère que la nouvelle loi (Beauvau des polices municipales, un texte qui donnerait plus de pouvoir aux agents, NDLR) va nous permettre de verbaliser directement les contrevenants. Pour le moment, on fait appel à la gendarmerie avec qui nous travaillons en parfaite harmonie.
Concernant l’usage détourné du protoxyde d’azote, nous en saisissons des mètres cubes chaque année. Il y a toutes les bonbonnes que l’on récupère sur la voie publique, ou celles que l’on saisit. Nous avons mis la main sur une centaine de bonbonnes depuis le début de l’année. Le produit est consommé de façon courante.
En 2020, la Ville de Mandelieu a pris un arrêté interdisant la détention et la consommation de protoxyde d’azote, ainsi que la vente aux mineurs.
