Dans une volonté globale de préserver la Méditerranée, David Lisnard vient d’annoncer la réduction de près de 50% la présence des gros paquebots en face de Cannes. Cette décision, qui entrera en vigueur à compter de 2026, vise à trouver un équilibre entre attractivité touristique, respect de l’environnement et qualité de vie pour les habitants.
C’est une étape majeure pour la protection de la Grande Bleue, qui s’inscrit dans la continuité des actions engagées par la Ville depuis plusieurs années.
Lors du conseil municipal de ce vendredi 27 juin, Cannes a affiché son intention de réduire fortement la présence des paquebots en baie. Une mesure déjà inscrite dans le contrat de concession du Vieux-Port, confié à la société MVPC.
Il faut dire que ces géants des mers sont nombreux à faire escale dans la cité des festivals. Preuve en est, ces derniers jours, pas moins de trois grands paquebots ont jeté l’ancre en même temps dans la baie. En 2024, 174 bateaux de croisière se sont arrêtés, accueillant 460.000 croisiéristes.
Le maire rappelle que “les paquebots mouillent au large de Cannes, en dehors du territoire communal et donc de notre périmètre d’intervention”. L’édile demande donc “d’étendre le périmètre d’action des maires au-delà de la bande des 300 mètres jusqu’à 2,5 km au large.”
Des mesures concrètes déjà mises en place pour protéger la baie

Depuis plusieurs années, David Lisnard interpelle l’État pour pouvoir agir plus efficacement en mer. Malgré de nombreuses démarches restées sans réponse, il insiste pour que les municipalités puissent intervenir au-delà. “Je demande d’autoriser et d’étendre le périmètre d’action des maires à 2,5 km au large”, précise-t-il.
Pour protéger la baie, la Ville a pris des mesures concrètes dès 2019. D’abord avec l’instauration d’une charte croisière, signée par toutes les compagnies maritimes, qui impose des règles strictes. Parmi elles, l’utilisation de carburants à faible teneur en soufre (inférieure à 0,1%), ainsi que l’interdiction totale de rejeter des eaux usées en mer.
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Puis en 2020, un arrêté est venu interdire le mouillage des navires de plus de 24 mètres dans la baie. La Ville s’est aussi engagée dans la charte Pelagos, un programme de protection des mammifères marins, et mène des actions pour replanter la posidonie, cette plante marine essentielle à l’écosystème.
Vers un nouveau modèle de croisière à Cannes

Dès 2026, la Ville de Cannes compte réduire nettement l’arrivée des plus gros paquebots. La fréquence de ces mastodontes, capables d’accueillir plus de 3.000 personnes à bord, va être réduite de 48%. Le plan est de soulager l’environnement marin, de limiter les émissions polluantes dans l’air et de préserver la beauté du littoral cannois.
“L’idée est d’avoir une stratégie raisonnée, il ne s’agit pas d’être pour ou contre. Mais de faire en sorte que les unités soient en adéquation avec la beauté de la baie de Cannes. Et il faut le dire, les gros paquebots sont des immeubles flottants et gâchent la vue”, souligne David Lisnard.
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La mairie a décidé d’anticiper les engagements contractuels signés avec le concessionnaire du Vieux-Port (MVPC) et d’imposer, dès janvier prochain, une baisse du trafic. Il ne sera désormais plus possible d’avoir plusieurs unités en même temps en baie. Cannes va imposer une seule escale par jour, avec un total réduit à 34 passages sur l’année 2026, puis 31 en 2027, contre 81 aujourd’hui.
La stratégie adoptée vise aussi à rééquilibrer le modèle touristique. Plutôt que de multiplier les arrivées massives, Cannes veut donc favoriser les escales de “petits” navires, avec moins de 1.000 passagers à bord, et plafonner le nombre total de croisiéristes à 6.000 par jour. À plus long terme, seuls les bateaux de haut de gamme, d’une capacité réduite d’environ 1.300 passagers, seront autorisés à mouiller en baie.
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La Ville va encore plus loin et prévoit une augmentation progressive de la redevance appliquée aux croisiéristes. À partir de l’année prochaine, chaque passager débarquant à Cannes devra s’acquitter de 7,04 euros, un montant qui passera à 8,52 euros en 2027. Ce tarif, inclus dans le prix du billet, “reste cependant bien en dessous des standards observés dans les autres grandes escales méditerranéennes”, selon la municipalité.
Cannes trace un nouveau cap pour un développement plus équilibré du littoral. Une manière aussi d’alléger la pression touristique sur la Côte d’Azur, particulièrement exposée…
