Des refus d’obtempérer plus nombreux, un narcotrafic en mutation, des mineurs davantage impliqués. Le dernier état des lieux de la délinquance dans les Alpes-Maritimes révèle une situation loin d’être figée avec des reculs encourageants, mais aussi des signaux préoccupants. Voici ce qu’il faut retenir.
Les chiffres étaient, comme chaque année, très attendus. Le 18 février dernier, le préfet Laurent Hottiaux a présenté le bilan 2025 de la délinquance, entouré de policiers, de gendarmes et de magistrats réunis pour l’occasion.
Face à la presse, le représentant de l’État a dressé un état des lieux de la situation aux côtés du procureur de Nice Damien Martinelli. “Les résultats sont bons, mais il reste beaucoup de travail à faire”, a‑t-il reconnu, en évoquant une année marquée par des évolutions contrastées selon les infractions.
Mineurs et refus d’obtempérer sous surveillance

Premier enseignement, les infractions commises dans l’espace public reculent globalement. Sur la voie publique, ces infractions du quotidien, “ceux qui pourrissent le quotidien” selon le préfet Laurent Hottiaux, diminuent de 3,3% par rapport à 2024.
Les vols avec violence reculent nettement de 18%, et ceux commis avec une arme de 27%. Les cambriolages suivent la même tendance, avec une baisse plus modérée de 2%. En revanche, le nombre de victimes de violences progresse fortement, passant de 15.900 à 18.100 en un an.
Présentation hier du bilan 2025 de la délinquance et de la sécurité dans les Alpes-Maritimes par le préfet Laurent Hottiaux et Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, en présence des forces de sécurité intérieure
— Préfet des Alpes-Maritimes🇫🇷 (@prefet06) February 19, 2026
Baisse de la délinquance de voie publique,… pic.twitter.com/n1sJnUEgA0
Autre point de vigilance, l’implication croissante des plus jeunes. Les mineurs, y compris ceux âgés de moins de 15 ans, apparaissent plus souvent dans les procédures. Une évolution qui inquiète les autorités, confrontées à des profils plus précoces.
Sur les routes aussi, les indicateurs interpellent. Les refus d’obtempérer ont progressé, avec 611 cas recensés en 2025, contre 576 un an plus tôt. Ces situations, souvent dangereuses, mobilisent fortement les forces de l’ordre.
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La Préfecture des Alpes-Maritimes précise que des étrangers, en situation régulière ou non, sont mis en cause dans 25% des délits du département. Une part qui monte à 33% dans les villes, et même 54% à Nice en 2023. Sur la même période, 58 titres de séjour ont été refusés à des personnes impliquées dans des infractions. Certaines cartes de dix ans ont aussi été remplacées par des autorisations temporaires de six mois, dans une logique de contrôle renforcé.
Narcotrafic en recul mais stratégies renouvelées
Sur le front du narcotrafic, les services de l’État mettent en avant des résultats jugés encourageants. Le nombre de points de deal identifiés poursuit sa baisse, passant de près de 90 en 2021 à 40 en 2025 dans les Alpes-Maritimes.
La lutte contre les stupéfiants s’est traduite par le démantèlement de 8 points de deal sur les 40 identifiés et par l’organisation de 1.900 opérations anti-narcotrafic. Dans le même temps, 2.440 gardes à vue ont été comptabilisées, en hausse de 19%, dont 900 suivies d’un déferrement. Les policiers et gendarmes ont également dressé 6.400 amendes forfaitaires, soit 39% de plus, et saisi 90 armes à feu, dont 22 considérées comme des armes de guerre.
Mais le phénomène évolue. Les réseaux privilégient désormais la livraison directe, en s’appuyant sur des logements loués temporairement et des communications sécurisées. Face à cette adaptation, les autorités déploient de nouveaux outils, notamment des mesures d’éviction et des restrictions d’accès à certaines zones.

