La préfecture serre une nouvelle fois la vis contre le narcotrafic. À Cannes et dans plusieurs villes de la Côte d’Azur, 40 individus sont désormais interdits d’accès aux points de deal identifiés par les autorités. Une mesure visant à reprendre le contrôle du terrain et à protéger les habitants.
La riposte s’organise sur la Côte d’Azur face à la montée du narcotrafic. Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a ordonné une série de 40 “interdictions de paraître” à l’encontre d’individus liés au trafic de drogue.
Cette mesure s’appuie sur la loi du 13 juin 2025, adoptée pour sortir la France du piège du narcotrafic. Celle-ci autorise le préfet à interdire à toute personne impliquée dans un trafic de stupéfiants, qu’il s’agisse de vendeurs, de guetteurs, de rabatteurs ou d’approvisionneurs, de se rendre sur les lieux où ces activités illégales ont été constatées, sans attendre une décision de justice. Une façon d’agir vite avant que les trafics ne reprennent.

Ces interdictions visent des individus déjà repérés sur plusieurs points sensibles du département. La préfecture des Alpes-Maritimes indique que 16 mineurs, 20 adultes âgés de 18 à 35 ans et 4 personnes de plus de 35 ans sont concernés. Les zones ciblées se situent notamment à Cannes, dans le quartier de la Frayère, mais aussi à Nice, Grasse et Vallauris.
En cas de non-respect, les contrevenants risquent jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 3.750 euros d’amende. Une réponse administrative directe, conçue pour couper court à l’impunité sur les points de deal.
“Rien ne sera lâché sur ce terrain”
Lutte contre le narcotrafic dans les Alpes-Maritimes
— Préfet des Alpes-Maritimes🇫🇷 (@prefet06) November 10, 2025
Depuis le mois de juin 2025 et l’entrée en vigueur de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, 40 interdictions administratives de paraître sur les points de deal ont été prononcées dans les #AlpesMaritimes.… pic.twitter.com/XLBsgja9WB
Et la lutte ne s’arrête pas là. Les services de l’État préparent également l’application d’une autre arme légale avec l’expulsion locative pour les trafiquants de drogue occupant des logements sociaux. Les bailleurs devront ensuite engager la procédure de résiliation du bail devant le juge, faute de quoi le préfet pourra lui-même saisir le tribunal pour faire avancer le dossier.
Fin septembre, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux a réuni les bailleurs sociaux du département afin de leur demander de signaler les situations à risque. Au total, cinq dossiers sont déjà remontés aux services de l’État.
“La lutte contre le narcotrafic est une lutte quotidienne. Rien ne sera lâché sur ce terrain”, martèle le préfet qui assume une stratégie consistant à reprendre le contrôle des quartiers, point par point, face à un narcotrafic qui gangrène les villes de la Côte d’Azur.

