Depuis l’été, des agents de sécurité privée patrouillent dans les quartiers de Cannes La Bocca, surtout à la Frayère et à Ranguin. Des vigiles qui ont pour mission de calmer les tensions et offrir plus de tranquillité aux habitants, confrontés à une insécurité alimentée par le narcotrafic.
Cette année encore, les quartiers de Cannes La Bocca ont été secoués par plusieurs faits de violence. Tirs à l’arme lourde, intimidations, règlements de compte entre dealers… Une montée inquiétante de la violence sur fond de trafic de stupéfiants qui pèse sur le quotidien des habitants et des commerçants. “La Frayère, c’est devenu le Far West”, lançait en mai dernier Laïd Bouzetit, président du Syndicat d’initiative et de défense de La Bocca.
Pour répondre à cette insécurité grandissante, la municipalité, en accord avec les bailleurs sociaux (OPH, Erilia, Socaconam, Adoma, Unicil) a décidé de déployer des agents de sécurité privée. Ce nouveau dispositif, lancé il y a près de six mois et entièrement financé par les organismes HLM, vient en complément des actions régulières des polices municipale et nationale.
Les quartiers de Cannes apaisés depuis l’arrivée des vigiles privés ?

Chaque jour, entre six et neuf agents sont mobilisés sur le terrain, mais seulement le soir. Leur rôle se concentre essentiellement sur la sécurisation des parties communes et le respect du règlement intérieur des résidences HLM.
À noter que ces vigiles privés ne sont ni armés, ni assermentés. “Leur mission n’est pas répressive, mais dissuasive”, assure-t-on du côté de la mairie. En clair, ils veillent au calme dans les résidences, font évacuer les halls, apaisent les tensions et tentent d’enrayer les dérives du quotidien. Et leur présence s’étend aussi sur les points de deal, où ils se positionnent pour dissuader les acheteurs et casser les habitudes.
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À ce stade, aucun bilan chiffré n’a été transmis. “Ces agents ne verbalisent pas”, rappelle la mairie. Leur action se limite à occuper le terrain, assurer une visibilité dissuasive et faire remonter les informations lorsque nécessaire.
Interrogé sur le sujet de l’insécurité par Cannes Actus il y a quelques jours, le maire David Lisnard, estime que le climat s’est apaisé dans les quartiers de La Bocca. “La situation à la Frayère s’améliore. Mais elle reste très fragile”, souligne-t-il. Il rappelle que “ce résultat est avant tout le fruit du travail de la police nationale et municipale”. Il reconnaît que “ce dispositif d’agents de sécurité privée aide beaucoup les habitants”.
L’édile explique : “Il a fallu procéder à des ajustements au départ liés aux comportements de certains vigiles. On a plutôt un bon retour. Mais on a une nette amélioration dans le quartier depuis six mois”.
David Lisnard se montre toutefois prudent sur la lutte contre les stupéfiants. “On a très peu de signalements des vigiles sur la drogue”, regrette-t-il, assurant que la Ville “observe de près la situation à La Frayère et à Ranguin”.
Si d’autres secteurs sont touchés par le trafic de stupéfiants, le maire a exclu l’idée de déployer les vigiles privés au Riou et à République.
