INTERVIEW PARTIE 2/2 — Candidat à un second mandat et seul en lice à moins d’un mois du scrutin, le maire sortant de Mandelieu-La Napoule présente à Cannes Actus les grandes lignes de son projet. Aménagements du territoire, résilience face aux risques majeurs, stationnement, santé… Sébastien Leroy présente ses projets avec prudence face aux ponctions financières massives de l’État.
Cannes Actus : Vous avez choisi de vous présenter pour un second mandat, qu’est-ce qui vous motive ?
Sébastien Leroy : On pourrait même dire que c’est mon troisième mandat, puisque le premier a été pris en cours de route (en 2017, NDLR). Ce qui me motive, c’est que de nombreux projets sont déjà lancés et que nous avons résolu des problématiques qui traînaient depuis des décennies, notamment sur le foncier.
Aujourd’hui, Mandelieu est prête à lancer ses grands projets structurants, qu’il s’agisse des aménagements du territoire, de résilience ou de préservation de son identité provençale. De grands changements vont aussi transformer l’axe de la “coulée verte” autour des Berges de Siagne en reliant les différents quartiers.
C.A : Quelle est votre plus grande fierté du mandat écoulé ?

S.L : En termes d’action, c’est le niveau de sécurité à Mandelieu. Notre police municipale est extrêmement efficace et très présente sur le terrain. Le réseau de caméras continue de monter en puissance avec un taux d’élucidation de 95% depuis bientôt deux ans.
Pour les projets, je peux évoquer l’acquisition de l’intégralité du quartier de Minelle avec les vergers et plus récemment, le parking d’Auchan. Grâce à cela, on a résolu un sujet qui était bloqué depuis près de 50 ans. Ces grandes étapes vont permettre d’accélérer les choses.
C.A : Et si vous avez un regret ?
S.L : Il y en a plusieurs. J’aurais aimé lancer les travaux du bord de mer dans ce mandat. Mais en raison de la gabegie technocratique et financière de notre pays, le projet a été reporté pour protéger les fonds propres de la ville.
Il y aussi le projet de résilience sur le Riou de l’Argentière. C’est toujours très long. Même si la déclaration d’utilité publique a récemment été accordée après 15 ans de procédure, je regrette que nous n’ayons pas pu aller plus vite. Mais la loi est ainsi faite.
C.A : Vous dénoncez régulièrement les ponctions de l’État sur les communes. À combien s’élèvent-elles pour Mandelieu en 2026 ?
S.L : Mandelieu est la 8e ville la plus prélevée par habitant de France. Les montants des ponctions et des amendes vont sans doute atteindre des records en 2026 avec plus de 15 millions d’euros. C’est une aberration.
Tout cet argent qui est prélevé sur le citoyen mandolocien, c’est autant de moyens en moins pour les projets de la Ville. Comme l’État ne gouverne et ne tient plus rien, et que nos députés sont plus occupés à garder leurs sièges qu’à faire une politique cohérente pour ce pays, l’effondrement va malheureusement se poursuivre.
C.A : Grand Capitou est l’un des projets majeurs de votre mandat. Les travaux ont pris du retard, où en est le chantier aujourd’hui ?
S.L : Le chantier a pris du retard pour deux raisons. D’abord, le Covid a retardé le démarrage qui était prévu en début de mandat. Puis, on a fait face à de grandes complexités au niveau des réseaux souterrains. Les plans, qui dataient de la création du quartier, étaient totalement faux. Par exemple, on a découvert des citernes de fioul enterrées. Il a été décidé de refaire entièrement les réseaux d’eaux pluviales.

Le projet en surface est en cours sur la Place Jeanne d’Arc. Nous sommes prudents et nous analysons régulièrement les coûts. Mais toutes les phases engagées seront bien livrées d’ici mars, avec notamment les aménagements du quartier et la passerelle piétonne reliant directement le village de Capitou aux Berges de Siagne. Les dernières phases du projet, qui concernent la place Frédéric Mistral et celle de l’Église, vont être mises à l’étude.
C.A : Depuis plusieurs années, il y a une volonté de réaménager la zone des Tourrades. Le projet est-il toujours d’actualité ?
S.L : C’est un projet complexe. La zone des Tourrades est privée et composée d’un urbanisme commercial anarchique datant des années 70–80. Il faut donc totalement la refaire. Cette zone est partagée entre les villes de Mandelieu et de Cannes. L’idée est donc de concevoir un espace attractif avec des commerces, des bureaux en étage et des logements pour les actifs. Mais la condition est d’avoir de beaux bâtiments qui s’intègrent dans l’environnement.
C.A : Mandelieu est une ville pionnière en matière de lutte contre les risques majeurs, et plus particulièrement contre les inondations. Depuis 2020, quels ont été les grands aménagements ?
S.L : L’État s’est totalement désengagé des compétences sur les collectivités locales. À Mandelieu, plus de 50 millions d’euros ont été investis ces six dernières années pour lutter contre les inondations, en comprenant l’achat de foncier. Récemment, plus de 6 millions d’euros ont été engagés pour protéger le quartier de Minelle.
De nombreux projets structurants ont été réalisés comme les équipements pour protéger les copropriétés les plus exposées. Mais aussi le déploiement d’infrastructures intermédiaires avec la création du bassin de rétention et le recalibrage du vallon de la Théoulière. La phase 4 est en cours et un nouveau bassin sera créé autour du golf dans les prochains mois.
Pour les grands projets, comme le bassin des Barnières, c’est un ouvrage clé qui pourra stocker temporairement près de 400.000 mètres cubes d’eau, soit 20 fois celui de la Théoulière. Après plus de 15 ans de procédure, la déclaration d’utilité publique a été obtenue. Il nous reste maintenant à discuter avec les propriétaires pour acquérir les 23 parcelles nécessaires à sa construction.
C.A : Si vous êtes réélu à la tête de Mandelieu, quels seront les grands projets du prochain mandat ?
S.L : L’objectif est de continuer de faire évoluer Mandelieu en préservant son âme. Le programme va s’inscrire dans la continuité avec une hausse du niveau de sécurité, la préservation de l’espace de vie en réaménageant un tissu urbain, et en protégeant les habitants des risques naturels. Le tout en améliorant le cadre de vie des citoyens, des séniors aux jeunes en passant par les actifs.
Si les Mandolociens m’accordent une nouvelle fois leur confiance, ce futur mandat va permettre d’engager les travaux du littoral et la reprise des activités portuaires par la Ville. Mais aussi la création du caniparc et du pumptrack le long de la Siagne.
C.A : Mais encore ?
La création de nouveaux parkings va également figurer parmi les grands enjeux du futur mandat avec l’ambition d’étendre notre offre de stationnement, en conservant la gratuité.
#Santé
Après de longs mois de travail, je suis heureux de vous annoncer l’installation d’un nouveau centre de consultations médicales de SOS MÉDECINS au cœur du quartier de La Napoule.
La ville de #Mandelieu met à disposition ses locaux et effectue les travaux de… pic.twitter.com/da7TFUCOaF— Sebastien LEROY (@SebastienLeroy_) November 14, 2025
Au sujet de la santé, Mandelieu est confrontée à une pénurie de médecins. Nous avons récemment signé une convention de partenariat avec SOS Médecins. Plusieurs projets de centres de santé sont à l’étude pour encourager l’installation et favoriser le regroupement de praticiens.
C.A : Le logement fait partie des principales préoccupations pour les municipales. Que peut-on faire de plus à Mandelieu ?
S.L : À Mandelieu, où plus de 80 % du territoire est exposé à des risques majeurs, la loi SRU est injuste et nous coûte 2 millions d’euros par an. Pour résoudre la crise du logement, il faut supprimer la loi SRU et permettre aux propriétaires de récupérer rapidement un logement quand le locataire ne paie plus. Il faut aussi que les maires puissent expulser les délinquants et les familles complices des logements sociaux, sans attendre des années de procédures.
Nous ne sommes pas contre de nouveaux logements, mais ils doivent respecter l’identité provençale de la ville. Les promoteurs doivent donc adapter leurs programmes à l’architecture et au quartier, et non pas détruire le patrimoine pour construire n’importe comment.

