Saisi par la Ligue des Droits de l’Homme, le tribunal administratif de Nice a suspendu l’arrêté municipal de Mandelieu-La Napoule interdisant le port du burkini sur les plages. Une décision judiciaire qui a immédiatement fait réagir le maire Sébastien Leroy, qui dénonce un décalage avec les réalités du terrain.
Fidèle à sa ligne de conduite, le maire de Mandelieu avait reconduit le 1er juillet dernier son arrêté estival visant à interdire les tenues religieuses ostentatoires sur le sable, dont le burkini. Mais la Ligue des droits de l’Homme (LDH) est aussitôt montée au créneau en saisissant le tribunal administratif de Nice.
Et le verdict est tombé ce jeudi 6 août. La justice a décidé de suspendre l’arrêté municipal, jugeant qu’il « porte une atteinte grave et manifestement illégale à trois libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».
De son côté, la mairie s’appuyait sur le contexte national et sur des tensions observées en 2012 et 2016 pour justifier cette décision face à d’éventuels débordements.
Mais la juridiction s’est montrée intransigeante sur ce point. Celle-ci souligne en effet que la commune « ne mentionne aucun incident récent » sur son territoire et « n’apporte aucun élément permettant de démontrer que de telles tenues feraient courir un risque pour la sécurité des usagers de la plage et des baigneurs ».
Un combat estival qui dure depuis 2012 à Mandelieu

Il faut dire que la municipalité mène ce bras de fer sur ses plages depuis plus d’une décennie. Face à la décision de suspension, le maire de Mandelieu Sébastien Leroy dénonce « la déconnexion entre le droit positif et la réalité du terrain » de la justice.
Pour l’édile, le juge s’est contenté de relever l’absence de débordements récents : « moralité : attendons qu’il y ait à nouveau un drame ou une noyade en mer pour reprendre cette mesure de précaution », a-t-il écrit sur X, fustigeant une justice restée dans « les grands principes » pendant que « la dérive idéologique prend le pas sur la réalité ». Avant de conclure : « Le burkini, c’est la vie ; les crèches de Noël, à la poubelle ».
Conséquence directe de ce jugement, la ville va devoir faire enlever la signalétique d’interdiction installée le long des plages et régler la somme de 1.500 euros à la Ligue des droits de l’Homme.
Cette décision ravive les tensions déjà vives entre l’élu et l’association. Plus tôt dans l’année, Sébastien Leroy avait remporté sa bataille au tribunal de Paris, qui a rejeté la plainte pour diffamation déposée par la LDH après son passage sur CNews.


