Dans un territoire particulièrement touché par les phénomènes d’inondations et de crues, l’Agglomération Cannes Lérins ne cesse d’investir pour limiter l’impact des prochaines intempéries et protéger les habitants. En moins de 10 ans, plus de 50 millions d’euros de travaux ont été réalisés.
Des bassins de rétention creusés, des vallons élargis, des terrains sanctuarisés. Ici, la lutte contre les inondations n’est pas un slogan mais une politique concrète. Et les élus de l’agglomération Cannes Pays de Lérins l’ont martelé à quelques jours du 10e anniversaire des intempéries meurtrières du 3 octobre 2015.
“Il y a eu un avant et un après 3 octobre 2015. On a beau rappeler qu’il y aura d’autres inondations violentes, il est difficile d’attirer l’attention tant qu’aucune catastrophe ne survient”, a rappelé David Lisnard, maire de Cannes et président de la collectivité , en insistant sur “un travail quotidien pour limiter les dégâts humains et matériels”.
Vendredi 26 septembre, comme chaque année, la collectivité fait le point, sur les nombreux aménagements réalisés ou à venir pour limiter l’impact des prochains phénomènes météorologiques, mais aussi sur les moyens importants mis en place pour sensibiliser la population.
Travaux d’envergure et lourds investissements

En moins de dix ans, plus de 50 millions d’euros ont déjà été investis. Et ce n’est pas fini. Le Programme d’action et de prévention des inondations (PAPI) prévoit 145 millions d’euros sur 18 ans, dont 50 millions affectés à la période 2021–2026. Rien que sur 2024, 16,4 millions ont été engagés, auxquels s’ajouteront 6 millions supplémentaires en 2025.
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Parmi les réalisations majeures de ces dernières années, le bassin de rétention de l’impasse Nouvelle à Cannes, financé à hauteur de 3 millions d’euros, le recalibrage de la Frayère élargie à 25 mètres ou encore le futur bassin de Carimaï entre Le Cannet et Cannes, capable de stocker 70.000 mètres cubes d’eau.
Mandelieu, Mougins et Théoule bénéficient aussi de projets massifs, comme l’énorme bassin de rétention des Barnières capable de stocker 390.000 mètres cubes d’eau. Chaque opération coûte plusieurs millions et nécessite souvent l’achat de foncier. L’agglo a déjà acquis 215.000 mètres carrés de terrain pour sanctuariser des zones naturelles.
Le maire de Cannes n’a pas manqué de pointer un autre frein, celui de la lourdeur administrative. “On aimerait aller beaucoup plus vite mais c’est un domaine juridiquement encombré. Les injonctions se contredisent et chaque dossier prend des mois, voire des années de retard”, a déploré David Lisnard, rappelant combien la bureaucratie complique la prévention alors que l’urgence climatique impose d’agir sans attendre.
Prévention et culture du risque
Mais la lutte contre les inondations ne se limite pas aux pelleteuses. Elle passe aussi par la prévention et la vigilance citoyenne. Depuis 2019, plus de 5.300 élèves ont été sensibilisés, 1.423 diagnostics de vulnérabilité menés et des batardeaux installés devant les immeubles les plus exposés. L’agglomération Cannes Pays de Lérins rappelle aussi aux propriétaires leurs obligations d’entretien, avec déjà 18.700 courriers envoyés.
Rappelons aussi que chaque premier mercredi du mois, les habitants de Cannes et des Alpes-Maritimes entendent le retentissement des sirènes du dispositif SAIP. Ce test national permet de vérifier le bon fonctionnement des équipements. Une façon aussi de maintenir la population en éveil face aux risques majeurs.
David Lisnard a également tapé du poing sur la table au sujet des systèmes d’alerte : “Tout cela peut fonctionner si on a une alerte fiable. Il faut un audit en France de l’alerte météo”, a‑t-il lancé, visant sans détour la fébrilité constatée lors de l’épisode du 23 septembre 2024.


