Après plus d’une décennie de batailles administratives et d’obstacles en tout genre, le projet de bassin de rétention des Barnières, lancé par Mandelieu et conçu pour limiter les crues du Riou de l’Argentière, franchit une étape décisive avec le lancement de l’enquête publique.
C’est un projet colossal, et un dossier particulièrement complexe. Les inondations dramatiques de 2015, qui ont coûté la vie à huit personnes à Mandelieu-La Napoule, restent dans toutes les mémoires. Alors pour prévenir de nouvelles catastrophes, la municipalité, en partenariat avec l’Agglomération Cannes Pays de Lérins, le SMIAGE (Syndicat Mixte Inondations, Aménagement et Gestion de l’Eau Maralpin) et les services de l’État, porte depuis 2011 un projet d’envergure. Autant dire une éternité…
Celui-ci concerne la construction d’un bassin de rétention capable de stocker temporairement jusqu’à 390.000 mètres cubes d’eau en période de fortes pluies. Situé aux Barnières, entre Mandelieu, Tanneron, Les Adrets et Fréjus, cet ouvrage permettrait d’absorber les excès d’eau avant qu’ils n’atteignent les zones urbanisées, notamment les quartiers de Bon Puits, Minelle, Casino et Bas Napoule.
Haut de 11,5 mètres, long de 65 mètres et large de 51,5 mètres, ce bassin massif représenterait un véritable bouclier contre les crues. Mais sa mise en œuvre s’est heurtée à d’innombrables lenteurs administratives et contraintes foncières, notamment l’expropriation du haras des Barnières.
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Lors de ses voeux aux Mandolociens fin janvier, l’édile expliquait d’ailleurs que la Ville allait poursuivre ses efforts dans la protection contre les inondations. “Le bassin de rétention de La Théoulière (inauguré en 2023, ndlr.) a démontré toute son efficacité cette année. On va continuer à protéger notre commune avec l’optimisation du passage de l’autoroute au-dessus du vallon de La Théoulière et la construction d’un second bassin de rétention dans le secteur des Termes”.
Dernière ligne droite : l’enquête publique bientôt lancée

Après plus de 14 ans de procédures, le dossier semble enfin avancer. Une enquête publique se tiendra du 10 mars au 10 avril 2025, dernière étape avant les discussions foncières et la concrétisation du projet.
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“Après des années de blocages, ce projet entre enfin dans sa phase de possible réalisation”, s’est réjoui Sébastien Leroy. “Mandelieu, meurtrie en 2015 et frappée à nouveau en 2019, s’est engagée massivement pour la résilience de son territoire. 40 millions d’euros ont déjà été investis pour protéger les personnes et les biens, avec un plan d’intervention, des acquisitions foncières et des ouvrages de protection”, souligne le maire.
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Pour compléter le projet et le rendre viable, plusieurs mesures environnementales ont été intégrées, notamment la gestion hydrologique des parcelles du quartier Saint-Jean pour favoriser la biodiversité locale et lutter contre les espèces invasives.
Ce dispositif, dont le coût prévisionnel s’élève à 6,65 millions d’euros HT, pourrait enfin voir le jour après des années de rebondissements. Désormais, la balle est dans le camp des citoyens, invités à s’exprimer lors de l’enquête publique ouverte du 10 mars au 10 avril, avant un possible lancement des travaux.
Comment participer à l’enquête publique ?
- Rendez-vous sur le site de l’enquête publique ou sur un poste informatique en mairie
- Sur support papier, aux lieux des 3 communes où se déroule l’enquête : Le Tanneron, Fréjus et Mandelieu

