Mercredi, Dominique Henrot a été désigné comme chef de file du Parti communiste aux élections municipales de 2026 à Cannes. Pour se mesurer à un David Lisnard bien implanté, il appelle à une union de la gauche avec le PS et les écologistes.
À gauche, les communistes lancent leur première offensive, en solitaire. Du moins pour le moment. À six mois du scrutin, ils ont choisi Dominique Henrot pour représenter leur camp lors des élections municipales de mars 2026 à Cannes.
Ce prof d’éducation physique à la retraite, installé depuis toujours à La Bocca, n’en est pas à son coup d’essai. Il avait porté les couleurs de la gauche en 2020 lors d’une campagne marquée par une abstention record de près de 69%, sa liste PC-PS n’ayant recueilli que 4,13% des voix. C’était encore moins en 2014 (3,45%).
Cette fois, Dominique Henrot ne veut pas reproduire les erreurs du passé. Il souhaite rassembler et convaincre une “gauche cannoise” encore dispersée, voire éclatée. Cette volonté justifie donc de former une alliance pour franchir enfin la barre du premier tour. Reste à savoir qui suivra.
Une gauche unie pour les municipales 2026 à Cannes ?

Dans un communiqué publié ce mercredi 24 septembre, la section cannoise du PCF dit souhaiter “approfondir les discussions visant à construire une alternative à la municipalité actuelle”. Elle appelle à un “rassemblement large et l’union de toutes les forces de gauche, écologistes et progressistes de notre ville”.
Les communistes avancent un “projet de ville solidaire” basé sur la justice sociale, “l’écologie populaire et le renforcement des services publics”. Mais aussi la “prévention de l’insécurité” et la “démocratie de proximité”.
“Notre adversaire sera la droite décomplexée incarnée par le maire sortant David Lisnard”, indique le candidat, qui accuse ce dernier “d’utiliser Cannes pour ses ambitions politiques nationales, défendant un ultra-libéralisme au service d’une petite minorité de privilégiés”.
Des premières flèches pour tenter d’exister face à David Lisnard très ancré localement. Mais même unie, la gauche part de loin. En 2020, le maire sortant a été réélu dès le premier tour avec 88,1% des suffrages, sans aucun élu d’opposition au conseil municipal.
Premier à se lancer dans la course, Dominique Henrot dit vouloir réintroduire une voix différente en séance publique. “Il est grand temps qu’enfin soient portées et entendues à nouveau au conseil municipal des propositions progressistes et partagées en faveur d’un développement équilibré de notre territoire, ayant au cœur les besoins et attentes des Cannois et Cannoises dans leur diversité”.
Qui d’autre va se lancer à Cannes ?
Timidement, le Parti socialiste semble aussi avancer ses pions pour 2026. Michel Hugues, qui figurait sur la liste commune de la gauche en 2020, devrait être désigné comme chef de file. Mais aucun signe de ralliement pour l’instant entre socialistes, communistes et écologistes, qui semblent exclure toute union avec LFI.
- À LIRE AUSSI : Drapeau palestinien sur les mairies : à Cannes, David Lisnard dit non et dénonce une “faute lourde” du Parti socialiste
Pas de quoi affoler le premier magistrat en place. S’il n’a pas encore officialisé sa candidature pour briguer un troisième mandat consécutif, David Lisnard, membre des Républicains et à la tête de son propre parti Nouvelle Énergie, s’affiche comme un sérieux gestionnaire de sa ville. “Cannes, c’est l’engagement de ma vie”, lançait-il fin août lors de son meeting de rentrée. Lui, qui ne cache plus ses ambitions présidentielles.
À droite, le maire sortant ne devrait pas non plus être inquiété. Dans son propre camp, les secousses provoquées chez LR après le rapprochement d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national (RN) en 2024 et la création de l’Union des droites pour la République (UDR) n’auront pas d’impact. Selon les informations de Cannes Actus, ni l’UDR ni le RN ne lancera de personnalité “capable de vraiment peser” dans la bataille pour la mairie de Cannes.
