La députée de Cannes, Alexandra Martin, propose de généraliser à toute la France le dispositif déjà appliqué dans les Alpes-Maritimes depuis l’été, qui prive les trafiquants de drogue condamnés de leurs aides sociales.
La lutte contre le trafic de drogue s’intensifie. Depuis quelques semaines dans les Alpes-Maritimes, une mesure permet de couper les aides sociales des narcotrafiquants condamnés. Lancé à l’initiative du maire de Cannes, David Lisnard, ce dispositif repose sur une coordination entre la CAF, la justice, la police et la gendarmerie.
Alexandra Martin (Nouvelle Énergie), députée de la 8e circonscription des Alpes-Maritimes, souhaite désormais que ce système soit appliqué sur l’ensemble du territoire national. La parlementaire vient de déposer une proposition de loi en ce sens.
“Rétablir l’ordre républicain, c’est aussi défendre la justice sociale : contribuer selon ses moyens, recevoir selon ses besoins. Pas pour les criminels et narcotrafiquants qui bafouent nos lois, pourrissent nos quartiers et profitent des aides”, explique-t-elle sur son compte X.
Un protocole en place dans les Alpes-Maritimes

Depuis la fin juillet dans les Alpes-Maritimes, lorsqu’un trafiquant est reconnu coupable devant la justice, ses allocations peuvent être supprimées. “Il apparaît inacceptable qu’un individu qui perçoit des revenus du trafic de stupéfiants puisse continuer à bénéficier d’avantages sociaux”, insiste-t-elle au micro d’Ici Azur.
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Le dispositif permet également de s’appuyer sur les signes extérieurs de richesse détectés par les forces de l’ordre (voitures de luxe, biens immobiliers…) pour évaluer les remboursements dus à la CAF. Alexandra Martin souhaite que cette coopération entre institutions soit donc reproduite dans tous les départements.
Élargir aux récidivistes de crimes aggravés et exclure des logements sociaux
La proposition de loi déposée par la députée ne vise pas seulement les trafiquants de drogue. Alexandra Martin souhaite aussi exclure des aides sociales les récidivistes condamnés pour des crimes graves, comme des assassinats ou des viols.
Le texte prévoit aussi de donner aux maires le pouvoir de demander directement au juge la résiliation du bail HLM d’un trafiquant ou d’un criminel récidiviste, afin de libérer ces logements pour des familles en attente.
“C’est du bon sens”, estime la députée. “Comment expliquer à un Français qui travaille dur qu’il attend un logement social pendant qu’un trafiquant y vit et y exerce son activité illégale ?”, conclut-elle. Selon Alexandra Martin, cette mesure rappellerait que l’aide de l’État ne peut bénéficier à ceux qui bafouent les règles de la République.
