Lors de son meeting de rentrée, David Lisnard a multiplié les critiques envers le gouvernement. Sous sa casquette de président de Nouvelle Énergie, son parti, le maire de Cannes a refusé de voter la confiance à François Bayrou, prenant le contre-pied de LR. Pour 2027, il appelle à une primaire “très ouverte” à droite, tout en tirant à boulet rouge sur Emmanuel Macron, et laisse planer le suspense sur les municipales 2026.
C’est un David Lisnard tout sourire et détendu, qui a fait son entrée sur scène avec en fond, le titre “There is no other way” de Blur, comprenez “Il n’y a pas d’autre chemin”. Le message a le mérite d’être clair. Samedi soir, dans le cadre verdoyant de la butte Saint-Cassien, située dans le quartier populaire de La Bocca, le maire de Cannes a réuni les foules pour sa traditionnelle rentrée politique.
Près de 2.500 personnes, dont des élus locaux, parlementaires, soutiens et proches collaborateurs, mais aussi de nombreux Cannois, étaient présentes. Au point même de devoir ajouter des tables à la dernière minute pour tenter de caser tout le monde, nous dit-on. Sans doute la preuve d’un engouement grandissant pour le président de l’Association des maires de France (AMF), qui n’a, une fois de plus, pas caché ses ambitions élyséennes. Bien au contraire.

“J’ai des choses à vous dire.” Micro à la main, manches de chemise retroussées et, comme à son habitude, sans aucune note, c’est un David Lisnard en forme qui a déroulé un discours d’une heure et demie. Et l’élu n’a pas mâché ses mots.
Il a lâché ses torpilles, pilonnant tour à tour l’État, ses choix budgétaires et l’inaction gouvernementale :“Il ne faut pas accepter l’effondrement de la France”. Des propos qu’il qualifie de bon sens, pour en finir avec “l’État de providence, c’est-à-dire fort avec les faibles, et faible avec les forts”. Pour lui, il est temps de laisser place à “l’État de performance”.
Sans même prendre le temps de boire une gorgée d’eau, il a martelé ses thèmes favoris : la lutte contre la bureaucratie étouffante, la défense de la liberté face à la technocratie, la nécessité de réveiller une “démocratie engourdie” et, plus que jamais, l’urgence de redresser la France.
“Le geste de Bayrou est égocentré”

S’il affirme ouvertement vouloir compter pour 2027, David Lisnard a (très) rapidement évoqué l’enjeu des municipales 2026. “Cannes, c’est l’engagement de ma vie” admet-il, avant de défendre son bilan : réduction drastique de la dette depuis 10 ans, baisse des impôts locaux de 3,6% en 2025 , politique écologique, stationnement, lutte contre l’incivisme et l’insécurité, ou encore les travaux des Allées de la Liberté, et les chantiers en cours de Bocca Centre et de la Frayère. “Il y a aura une liste Nouvelle Énergie. Mais l’heure n’est pas aux candidatures.”
Légère parenthèse locale refermée, l’édile revient à la charge sur le gouvernement. Sans surprise, il n’a pas manqué de fustiger les décisions du Premier ministre, dont son appel au vote de confiance : “Son geste est curieux, politique, peut-être égocentré, mais je ne suis pas psy”.
« Avec Nouvelle Énergie, nous allons libérer la France »
— Nouvelle Énergie (@Nouv_Energie) August 31, 2025
C’était hier, lors de la rentrée politique de @davidlisnard #OnLeFera pic.twitter.com/s8ETW8M6gy
Avant de réaffirmer : “Je ne fais pas confiance à François Bayrou pour redresser le pays”. Une sorte de désaveu sans détour à l’égard de Bruno Retailleau et de la ligne d’un parti LR jugé, par certains, trop accommodant.“François Bayrou est celui qui a voté tous les budgets de François Hollande et d’Emmanuel Macron”, a‑t-il lancé, applaudi par la foule. “Il est hors de question de nous laisser absorber par le bilan calamiteux de ces dernières années.”
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David Lisnard a aussi réservé quelques flèches à Emmanuel Macron en appelant à sa démission. “Pas immédiate, puisque la campagne dure un mois selon notre Constitution. Il faut la préparer et prévoir quatre ou cinq mois pour la mener”, explique-t-il. Et insiste : “Une annonce anticipée permettrait de relancer un cycle électoral ordonné et de redonner de la légitimité à l’action publique. Le président doit reconnaître un blocage dont il est en grande partie responsable”.
Une primaire “très ouverte” à droite

Le maire se félicite que ses idées soient souvent reprises, notamment sur la retraite par capitalisation. “J’en parle depuis quatre ans et j’ai l’impression d’être au centre des propositions. Si elles sont adoptées par d’autres, c’est qu’elles gagnent en popularité”, explique-t-il.
“Ce combat, nous le portons et nous voulons qu’il gagne. Ma détermination est immense”, affirme l’édile, qui appelle à organiser “une grande compétition à droite, la plus ouverte possible. On ne peut plus se permettre la division au premier tour”.
Une élection “à trois tours” où il ambitionne de s’imposer, tout en invitant sans exclusivité les responsables politiques de tous bords. De Gabriel Attal (Ensemble), Édouard Philippe, en passant par Nicolas Dupont-Aignan ou même Sarah Knafo. “Tout le monde peut venir, même Mélenchon s’il se place à droite”, ajoute-t-il avec un sourire.
Sur ses chances, David Lisnard se montre lucide : “Je ne suis pas très connu, mais avec un peu d’insolence, j’essaie de porter cette vision. Libérer les forces de production et de créativité. Avec Nouvelle Énergie, nous gagnons la bataille des idées. Et quand on gagne la bataille des idées, on peut gagner électoralement”. Il conclut avec pragmatisme : pour 2027, “ce sera trop court”.
