Les narcotrafiquants condamnés vont devoir dire adieu à leurs aides sociales. Un protocole inédit vient d’être signé avec la Caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes, soutenu par la justice et la Ville de Cannes. Une mesure qui s’étend à l’ensemble du département.
David Lisnard veut sanctionner “sévèrement et directement les narcotrafiquants au porte-monnaie”. À Cannes, le maire a décidé d’aller plus loin dans la lutte contre les réseaux de drogue, qui gangrènent certains quartiers de la ville. Cette fois, c’est par le levier financier que l’offensive est lancée.
Grâce à la signature d’un protocole d’accord avec la Caisse d’allocations familiales (CAF) des Alpes-Maritimes, les trafiquants condamnés verront leurs allocations coupées. Logement, RSA, prime d’activité… Les prestations sociales ne seront plus automatiques pour ceux qui profitent de l’argent sale tout en bénéficiant des aides de l’État.
“La lutte contre le fléau du narcotrafic doit être totale”

Cette mesure vient d’être validée par le Procureur de la République de Grasse et la Caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAF). En clair, à partir d’informations fournies par le parquet, l’organisme intègre dans la déclaration de revenus de l’individu condamné ses gains obtenus par le trafic de drogue.
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Une fois la condamnation prononcée par la justice, toute personne reconnue coupable de ce type de délit pourra ainsi voir ses prestations supprimées, réduites, voire être contrainte de les rembourser.
“Bénéficier d’aides ou d’un logement social est un avantage accordé par la société. Il est donc impensable d’accepter que quelqu’un qui nuit à la société puisse continuer à recevoir l’aide de celle-ci”, rappelle le maire David Lisnard.
Ce nouveau protocole s’appliquera à Cannes, mais également dans tout le département, pour lutter efficacement contre les économies souterraines. “Ce dispositif est désormais applicable dans toutes les Alpes-Maritimes. La lutte contre le fléau du narcotrafic doit être totale et cette décision va dans le bon sens”, ajoute l’élu. Déjà en place à Grenoble, la mesure a montré son efficacité.
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En parallèle, le maire de Cannes a de nouveau insisté sur la nécessité d’aller plus loin dans la lutte contre le narcotrafic. Il demande un pouvoir confié aux maires pour expulser les délinquants occupant un logement social. “Il faut renforcer l’arsenal pénal et répressif, en donnant par exemple le pouvoir aux maires d’expulser eux-mêmes, sous contrôle du juge, les dealers vivant dans les HLM”, plaide-t-il.
Depuis juillet, la Ville de Cannes a déployé des agents de sécurité privée dans les résidences sociales de la Frayère, en renfort des forces de l’ordre, pour endiguer les réseaux de trafic de drogue.

