La lutte contre les copies illégales ne faiblit pas. L’Union des fabricants a une nouvelle fois choisi Cannes pour lancer sa campagne annuelle contre la contrefaçon. Un fléau qui représente des millions d’euros de manque à gagner chaque année, des risques sanitaires et un danger pour l’emploi. Et la Côte d’Azur reste particulièrement touchée…
Ce sont des montagnes de produits contrefaits. Des sacs de luxe Hermès ou Gucci, des jouets pour enfants, des chaussures et même des faux billets de banque étaient exposés en mairie de Cannes par la douane française.
Depuis plus de vingt ans, la ville accueille le coup d’envoi de la campagne nationale de l’Union des fabricants (Unifab). Et cette année encore, la mobilisation face à ce phénomène ne faiblit pas.
Des saisies record sur le littoral azuréen

Et les chiffres donnent vraiment le tournis. Au total, 22 millions de produits contrefaits ont été saisis l’an passé par les douanes françaises. “230.000 articles interceptés dans les Alpes‑Maritimes en 2024”, indique Roger Combe, directeur régional des douanes à Menton.
Pire encore. Sur le premier semestre 2025, plus de 300.000 produits de contrefaçon ont déjà été saisis dans les Alpes-Maritimes. Des chiffres en nette augmentation qui poussent les autorités locales à demander davantage de moyens, afin de renforcer les contrôles, intensifier la répression et mieux protéger le commerce légal.
Ce lundi, l’@UNIFAB lançait la campagne estivale de sensibilisation anti-contrefaçon aux côtés de l’INPI, de @douane_france, de la @Gendarmerie, de la @PoliceNationale et du CNAC pour informer le grand public sur les conséquences néfastes de la contrefaçon. pic.twitter.com/P9ZUvAxa5K
— INPI France (@INPIFrance) July 22, 2025
Des articles de luxe (sacs, chaussures…), mais aussi des jeux de société comme le Uno, des produits cosmétiques et des billets de banque. “La contrefaçon ne se limite pas à un sac de marque”, alerte Samantha Verduron, des douanes de Nice. Les saisies traduisent l’ampleur d’un trafic qui représente jusqu’à 5% du commerce mondial.
Du côté de la mairie de Cannes, on observe une pression constante. “Chaque paquebot qui accoste, une dizaine de vendeurs à la sauvette débarque avec leurs contrefaçons”, déplore David Lisnard, le premier magistrat de la ville. Il rappelle que la commune est aussi particulièrement exposée. Selon l’élu, cette campagne permet de rappeler que “la propriété intellectuelle est un pilier de la liberté et du commerce”.
Un danger bien plus large que le simple faux sac

Les responsables de l’Unifab martèlent le message. La contrefaçon nuit à tout un écosystème : “elle détruit 38.000 emplois en France, coûte 7 milliards d’euros de recettes fiscales chaque année et présente des risques réels pour la santé des consommateurs”.
Produits toxiques, jouets dangereux, plaquettes de frein défectueuses ou médicaments trafiqués, de nombreux produits sont contrefaits. “Les conséquences ne sont pas uniquement économiques, elles sont aussi sanitaires, sociétales et environnementales”, insiste Delphine Sarfati‑Sobreira, directrice générale de l’Unifab.

Face à un phénomène qui se banalise, l’organisation cible aussi les mots utilisés pour le minimiser. Des termes comme “dupe” ou “clone” sont dénoncés pour masquer l’illégalité.
La campagne, visible jusqu’au 28 août, veut remettre les pendules à l’heure avec des visuels diffusés massivement et des QR codes renvoyant à un mini-lexique explicatif. Des ambassadeurs vont aussi à la rencontre des vacanciers sur les plages et les marchés du département.
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La mobilisation s’étend aussi aux forces de l’ordre. Depuis 2019, 1.200 gendarmes du littoral ont été formés à repérer les faux produits. À Cannes, plus de 100 procès-verbaux ont été dressés depuis le début de l’année.


