Le conducteur impliqué dans la mort du gendarme Éric Comyn à Mougins à l’été 2024 sera jugé pour meurtre devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Le juge d’instruction a conclu que le suspect “a donné volontairement la mort à l’adjudant”.
L’affaire avait marqué la France entière. Le 26 août 2024, à proximité de l’entrée de l’autoroute A8 à Mougins, l’adjudant Éric Comyn, en poste lors d’un contrôle routier, est violemment percuté par un automobiliste qui refuse d’obtempérer. Le militaire du peloton motorisé de Mandelieu, âgé de 54 ans et père de deux enfants, succombe à ses blessures. Le conducteur prend la fuite avant d’être interpellé plusieurs heures plus tard à Cannes, avec un taux d’alcoolémie positif.
Plus d’un an et demi après les faits, la justice a décidé de renvoyer le suspect devant les assises des Alpes-Maritimes pour “meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique”.
Qualification de meurtre retenue par le juge

Dans son ordonnance, le juge d’instruction estime que les éléments réunis caractérisent un acte volontaire. Selon les informations d’Europe 1, il évoque notamment “l’accélération délibérée du véhicule” juste avant l’impact.
D’autant que les expertises techniques et les images de vidéosurveillance ne montrent aucune tentative d’évitement, alors que les conditions de visibilité étaient jugées favorables.
La circonstance aggravante liée à la qualité de la victime a également été retenue. Le mis en cause avait reconnu auprès d’un proche avoir percuté un gendarme peu après les faits.
Un profil déjà connu de la justice
Le suspect, un Cap-verdien âgé de 40 ans, présente un casier judiciaire chargé avec dix condamnations entre 2005 et 2018, dont plusieurs liées à des infractions routières et à la conduite sous l’emprise de l’alcool. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Sa défense a fait appel de la décision de renvoi devant les assises. De leur côté, les proches d’Éric Comyn, représentés par leur avocate, indiquent à BFMTV “accueillir cette décision avec satisfaction” et se préparer à un procès à venir dans les prochains mois.
