Un an après la mort du gendarme Éric Comyn, percuté par un chauffard multirécidiviste pendant un contrôle routier à Mougins le 26 août 2024, Mandelieu lui a rendu hommage ce mardi. Devant ses proches et ses collègues, son épouse, Harmonie Comyn, a dénoncé les manquements de l’État et le laxisme de la justice.
Un an jour pour jour après le drame, les mots de la veuve Harmonie Comyn résonnent encore avec force. “La France a tué mon mari”, lançait-elle quelques jours après la tragédie. Un cri repris à travers tout l’Hexagone comme symbole d’une colère contre l’impuissance de l’État.
Le 26 août 2024, lors d’un banal contrôle routier à Mougins, le gendarme Éric Comyn, 54 ans, père de deux enfants, était mortellement fauché après un refus d’obtempérer. En fuite, le chauffard multirécidiviste avait été interpellé dans la nuit à Cannes.

Ce mardi, à Mandelieu, une cérémonie d’hommage a réuni proches, collègues et élus. Mais pour Harmonie Comyn, l’émotion laisse place à la colère contre l’État et une justice qu’elle juge trop laxiste.
“Voilà un an que mon mari a été tué. Depuis, mes enfants et moi oscillons entre tristesse et souvenirs, mais aussi colère face à l’injustice”, a confié Harmonie Comyn. L’épouse du militaire de 54 ans, chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, n’a pas mâché ses mots.
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Pour elle, le drame est la conséquence directe de “quarante années de faillite de la République”. Elle accuse l’État d’avoir donné “le permis de tuer à cet homme”, déjà condamné dix fois, en état d’alcoolémie et au volant malgré un permis retiré.
Un hommage empreint de colère

Le souvenir de ce vendredi soir reste vif. Ce soir-là, le gendarme du peloton motorisé de Mandelieu avait été percuté par une voiture dont le conducteur avait pris la fuite avant d’être arrêté à Cannes. Un an plus tard, la douleur est intacte.
Devant l’hôtel de police municipale de Mandelieu, la cérémonie a été marquée par les mots d’une veuve déterminée à transformer ce drame en combat. “Son meurtre — je dis bien son meurtre — ne doit pas rester vain. Je veux que cette tragédie ouvre un renouveau, qu’elle serve à réveiller un peuple fatigué de laxisme et d’injustice”, a‑t-elle lancé.
La colère d’Harmonie Comyn dépasse son propre drame. Elle a rappelé que “les excès de tolérance et de laxisme” ne touchent pas seulement les forces de l’ordre mais l’ensemble des citoyens, citant l’agression au couteau du conjoint d’une journaliste de CNews à Paris il y a quelques jours.
Son discours a trouvé un écho particulier parmi les policiers et gendarmes présents. Le maire de Mandelieu a lui aussi dénoncé “un système qui ne fonctionne plus”, évoquant un auteur multirécidiviste qui “n’aurait jamais dû être en mesure de reprendre le volant”.
Un an après la mort du gendarme Éric Comyn, le chagrin reste immense. Mais pour sa veuve, le combat continue. Et c’est au nom de son mari, de ses enfants et des forces de l’ordre qu’elle entend poursuivre cette bataille.




