Dans l’ouest des Alpes-Maritimes, le procureur de Grasse a décidé de mettre fin à la garde à vue automatique pour certains délits routiers. De quoi susciter de vives réactions du côté des policiers.
La conduite sous stupéfiants, en état d’ivresse ou sans permis ne conduira plus systématiquement à une garde à vue des auteurs. C’est la mesure annoncée par le procureur de Grasse, Éric Camous, dans une note adressée le 2 octobre dernier aux forces de l’ordre de l’ouest des Alpes-Maritimes. Objectif affiché, alléger la procédure et fluidifier le travail des forces de l’ordre.
Dans sa note, le magistrat précise : “En matière d’infraction à la circulation routière, le placement en garde à vue n’a plus lieu d’être lorsque la personne est interpellée pour les infractions routières suivantes : conduite en état d’ivresse, conduite après usage de produits stupéfiants, conduite sans permis de conduire, blessures involontaires dans le cadre routier sans circonstances aggravantes”.
Colère des policiers de Cannes et du département

Cette orientation vise donc à éviter des démarches jugées trop chronophages. Le procureur souligne que les “personnes gardées à vue sollicitent souvent la réalisation d’une visite médicale, ce qui prend parfois trois semaines et paralyse toute possibilité d’intervention de l’équipage requis”. Selon lui, cela permet ” de rendre les contrôles routiers plus efficaces”.
Mais pour les policiers, la mesure passe mal. “Penser que c’est une manière de désengorger les services de police est une fausse bonne idée”, estime Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental du syndicat Unité 06.
Il dénonce un risque d’accumulation de dossiers dans les Brigade des Accidents et des Délits Routiers : “les agents doivent ensuite convoquer à nouveau les conducteurs pour les entendre. On cumule encore plus de dossiers”, explique-t-il au micro de CNews.
En France, 1 accident mortel sur 3 est lié à l’alcool. Et 1 sur 5 implique des stupéfiants. Des chiffres qui alimentent l’inquiétude autour de cette nouvelle organisation.

