La Ville de Mandelieu a rendu hommage à l’adjudant-chef Éric Comyn, tué en août 2024 par un chauffard multirécidiviste lors d’un refus d’obtempérer. Deux ans après le drame, la douleur et la colère de la veuve du gendarme restent intactes.
Ni oubli, ni pardon. Deux ans jour pour jour après la mort du gendarme Éric Comyn, proches, élus et représentants des forces de l’ordre ont honoré la mémoire de l’adjudant-chef ce mercredi 27 août à Mandelieu.
Le 26 août 2024 en début de soirée, lors d’un banal contrôle routier à Mougins, un automobiliste de nationalité cap-verdienne refuse d’obtempérer. L’individu, multirécidiviste, alcoolisé et sous le coup d’un retrait de permis, fauche alors mortellement Éric Comyn, gendarme du peloton motorisé de Mandelieu. Il prend la fuite avant d’être interpellé dans la nuit à Cannes.
« Ce drame n’aurait jamais dû survenir »

« Ce drame n’aurait jamais dû survenir. Non, nous n’oublions pas. Non, nous ne pardonnons pas », a martelé le maire de Mandelieu Sébastien Leroy, à l’occasion de cette cérémonie forte en émotion.
S’adressant à la veuve du gendarme Harmonie Comyn, présente avec ses enfants, l’édile a fustigé les manquements de l’État : « C’est l’idéologie, la démagogie, la lâcheté et la faiblesse de ceux qui gouvernent ce pays qui ont renoncé à tout, qui ont fait que vous avez perdu l’un des vôtres. Harmonie Comyn a libéré la parole de ceux à qui on imposait le silence depuis longtemps ».
À travers cette commémoration, l’élu a tenu à rendre un hommage appuyé aux forces de l’ordre : « Je tiens à vous témoigner notre admiration, notre soutien et notre détermination à faire que les choses changent. » Il a rappelé qu’en 2025, plus de 28.000 refus d’obtempérer ont été recensés en France : « C’est 11% de plus qu’en 2024. Toutes les 17 minutes, un individu prend la fuite et met en danger la vie des autres. »
Après son interpellation, le chauffard a été placé en détention provisoire. L’auteur sera jugé par un jury populaire aux assises pour meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. « Le parquet a la certitude qu’il l’a vu, qu’il ne s’est pas arrêté, et qu’il a pris la fuite délibérément », a fait savoir le maire de Mandelieu.
« Je suis toujours en colère contre l’État, et contre le meurtrier de mon époux »

Deux ans après le drame, la douleur reste intacte pour Harmonie Comyn : « J’ai toujours beaucoup de tristesse. Le manque est là. C’est une période douloureuse. Ce sont mes enfants qui ont été ma bouée ».
Une peine doublée d’un sentiment d’exaspération face à la récurrence de ces faits : « Il n’y a pas eu d’évolution favorable au sujet des refus d’obtempérer. Je suis toujours en colère contre l’Etat, et contre le meurtrier de mon époux. Je me prépare à ce procès, mais je sais que le jour venu, les excès émotionnels seront difficiles à gérer. »
Selon Harmonie Comyn, le procès pour meurtre devrait se tenir au premier trimestre 2027. Après avoir renommé le rond-point Saint-Exupéry en Adjudant-Chef Éric Comyn, situé à proximité du peloton motorisé de la gendarmerie de Mandelieu-La Napoule, la municipalité va y installer une sculpture à ce même endroit pour ne jamais oublier.
