Au Cannet, l’agglo Cannes Lérins lance la construction d’un immense bassin de rétention, présenté comme un barrage écrêteur capable de limiter les dégâts lors d’importantes crues. Un projet inédit par son ampleur visant à protéger durablement les habitants.
La pelleteuse a frappé son premier coup ce lundi 8 décembre au matin, dans un silence presque solennel. Le bras mécanique découpe les hangars du hameau de Carimaï, au Cannet. Un secteur marqué par les inondations meurtrières du 3 octobre 2015.
Cette fois, il ne s’agit plus de détruire les habitations sinistrées comme en 2018. Mais plutôt de raser les derniers bâtiments pour laisser place à un ouvrage colossal.
L’agglomération Cannes Lérins a engagé une vaste opération de “débétonisation” pour construire un bassin de rétention géant. Celui-ci sera capable de stocker 70.000 mètres cubes d’eau lors des épisodes pluvieux violents.
Un chantier d’ampleur pour éviter un nouveau 3 octobre 2015

Il s’agit là d’un dispositif pensé comme un bouclier hydraulique pour la basse vallée de la Frayère et l’ensemble de La Bocca. L’acquisition de cette parcelle de 35.000 mètres carrés, via le procédé d’expropriation, a permis de lancer cette phase décisive.
David Lisnard, président de la communauté d’agglomération, évoque “l’une des plus importantes opérations menées depuis 11 ans en matière de prévention des inondations et de protection des habitants.”

L’ouvrage, long de 150 mètres, fonctionnera en plusieurs étapes. En temps normal, la rivière suit son cours. Lors d’une crue, le barrage stocke jusqu’à 70.000 mètres carrés d’eau en amont, retardant la vague de deux précieuses heures. Une fois l’épisode passé, l’eau s’évacue progressivement.
En dix ans, l’agglo de Cannes a acquis près de 215.000 mètres de foncier pour sécuriser différents secteurs face aux crues. Soit une emprise comparable à 30 terrains de football.
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Présent pour l’occasion, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux a salué une démarche “nécessaire et résolue” face aux risques croissants. L’État finance la moitié du chantier, soit 3,42 millions d’euros, via le PAPI et le fonds Vert. Le coût total atteint 6,5 millions d’euros HT. Si tout se déroule comme prévu, le barrage sera opérationnel courant 2027.
