Lucas Mussio, candidat Rassemblement national (RN) à la mairie de Cannes aux élections municipales de 2026, fait de la lutte contre la délinquance l’un des principaux axes de sa campagne. Effectifs de policiers municipaux en hausse, vidéosurveillance renforcée, brigades stups… Pour Cannes Actus, il détaille en exclusivité son plan entre sécurité et proximité.
Cannes Actus : Certains Cannois disent : “la sécurité, ce n’est pas vraiment un sujet, on est plutôt épargnés.” Que répondez-vous ?
Lucas Mussio : L’insécurité n’est pas aussi forte qu’ailleurs en France. Mais Cannes est tout de même confrontée à une hausse de la délinquance, une situation inhabituelle pour la ville. Plusieurs faits récents en témoignent, comme le meurtre survenu en fin d’année à La Bocca, mais aussi des agressions et des règlements de compte très violents liés au narcotrafic dans certains quartiers.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte national. Mais le travail doit aussi être mené localement pour l’endiguer et protéger les habitants. Il y a, à ce sujet, des manquements. La présence régulière de deux compagnies de CRS à Cannes en est la preuve et montre qu’il existe un véritable problème.
C.A : Quelles seraient vos priorités ?
L.M : Il faut d’abord réorganiser totalement la police municipale, qui joue aujourd’hui un rôle central dans la lutte contre l’insécurité. Mais il existe un manque de transparence de la part de la mairie à ce sujet, ce qui constitue un aveu de faiblesse.
La Ville évoque 200 agents, mais en réalité seuls 40 à 50 policiers municipaux sont réellement présents sur le terrain chaque jour, notamment en raison de nombreux arrêts maladie et de plusieurs démissions. Il y a aussi un réel mal-être au sein des effectifs. Avec un policier pour 1.500 habitants, les moyens sont insuffisants. Il faut donc recruter entre 50 et 100 policiers municipaux supplémentaires pour atteindre réellement le seuil de 200 agents opérationnels.
C.A : Mais encore ?
Il faut davantage de policiers dans les rues, mais aussi plus de transparence pour que les Cannois sachent réellement combien d’agents assurent leur sécurité. Il existe également un manque de motards. Devant le poste du quai Laubeuf, des dizaines de motos sont stationnées, alors qu’il n’y aurait qu’une dizaine de policiers motards. Cela pose la question du décalage entre le nombre d’équipements et les effectifs réellement mobilisés en deux-roues.

La municipalité a par ailleurs mis en place une stratégie de points fixes. Mais cela ne sert à rien et suscite de la frustration chez les policiers. Ils doivent patrouiller en permanence et sur l’ensemble du territoire de Cannes.
C.A : Faut-il prioriser certains quartiers ?
L.M : La politique de sécurité doit être renforcée dans toute la ville de Cannes, mais certains quartiers doivent être prioritaires, comme La Bocca, Le Riou et République. Par exemple, la présence d’une voiture de police en point fixe sur la place Commandant Maria, à République, est inefficace. Pendant ce temps, les rues voisines ne sont pas suffisamment sécurisées et les trafics s’y développent. Au Riou, les habitants dénoncent notamment des rodéos urbains.
Le secteur du Carré d’Or et de la Croisette reste globalement sécurisé, mais des agressions et des vols à l’arraché, notamment de montres, s’y produisent chaque année. Dans le même temps, d’autres quartiers sont délaissés. Certains problèmes qui affectent directement le quotidien des habitants ne sont pas traités. Il faut renforcer la présence sur le terrain et remettre en place des îlotiers pour recréer un lien de proximité avec la population.
C.A : Que proposez-vous pour lutter contre le narcotrafic ?
L.M : La mairie a déployé des agents de sécurité privée dans les quartiers de La Frayère et de Ranguin. Mais ce dispositif ne sert à rien. Aucune information liée au narcotrafic n’est remontée. Les habitants eux-mêmes disent que cela n’a rien changé. Les trafics de stupéfiants sont toujours présents et la situation est extrêmement difficile à vivre pour les riverains.

Je propose donc de créer une brigade anti-stups au sein de la police municipale de Cannes. C’est un travail qui doit être mené en coordination avec la police nationale, qui manque d’effectifs mais fait le maximum. Renforcer et structurer la police municipale, c’est aussi soutenir son action.
Il faut mettre en place une stratégie de pression quotidienne sur le terrain contre les trafiquants. La tolérance zéro sera appliquée, avec un principe clair : “tu casses, tu paies”. La responsabilité des parents sera engagée dès lors qu’un mineur sera impliqué.
C.A : Vous proposez aussi une brigade maritime. Pourquoi, et avec quels moyens ?
L.M : Plusieurs villes du littoral en sont déjà équipées. À Cannes, ce n’est pas le cas, et c’est une anomalie. Il est nécessaire de mieux sécuriser certaines zones en mer, notamment autour des îles de Lérins. Il faut doter la police municipale de moyens d’intervention supplémentaires, en complément des brigades de gendarmerie et de police déjà présentes.
C.A : Faut-il renforcer le nombre de caméras de vidéosurveillance ?
L.M : Il existe un vaste chantier autour de la vidéoprotection. Le maire évoque 1.021 caméras à Cannes, mais le problème ne tient pas tant à leur nombre qu’à leur fonctionnement. Certaines agressions ont eu lieu sous des caméras qui se sont révélées défectueuses au moment des faits. La priorité n’est donc pas forcément d’en installer davantage, mais de s’assurer que toutes soient opérationnelles, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
Il est aussi nécessaire de garantir la couverture de toutes les zones sensibles, notamment à Ranguin et à La Frayère. L’objectif est clair : appliquer le principe du casseur-payeur.

