Alors que la justice a invalidé l’interdiction du port du burkini sur les plages de Mandelieu, le maire Sébastien Leroy déplore un désengagement de l’État face aux enjeux actuels. L’élu réclame un cadre législatif clair et dénonce l’action de la Ligue des Droits de l’Homme, à l’origine du recours.
Une fois de plus, le débat revient sur le devant de la scène en pleine période estivale. Le vendredi 18 juillet, le tribunal administratif de Nice a suspendu un arrêté pris trois jours plus tôt par le maire de Mandelieu-La Napoule, Sébastien Leroy.
Ce texte interdisait la baignade habillée, notamment en burkini, sur les plages publiques de la commune. Saisi par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le juge des référés a estimé que cette interdiction constituait une atteinte “grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales”.
Dans sa décision, le tribunal considère que les risques évoqués par la municipalité, liés à l’ordre public, ne sont pas suffisamment étayés. L’arrêté, selon la juridiction, “ne repose pas sur des troubles concrets récents ni sur des faits démontrant une urgence à restreindre les libertés individuelles”.
Un appel à l’État et une critique de la LDH

Remonté, Sébastien Leroy n’a pas attendu longtemps avant de réagir. Dans un communiqué publié juste après la décision de justice, le premier magistrat indique que cette décision va à l’encontre de la volonté d’une majorité de citoyens.
“Depuis 2012, notre ville renouvelle cet arrêté pour des raisons de sécurité, d’hygiène et de tranquillité publique”, insiste-t-il dans un communiqué publié. Il estime que le burkini, “par sa signification religieuse et politique”, est source de tensions qu’il juge nécessaire de prévenir à l’échelle locale.
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L’élu appelle le Parlement à légiférer. “Les maires ne peuvent plus être les seuls à porter ce combat. Une loi est indispensable pour encadrer les tenues à caractère religieux dans l’espace public”, martèle-t-il, dénonçant l’inaction de l’État “face au communautarisme et à l’entrisme-islamique”.
Il accuse par ailleurs la Ligue des Droits de l’Homme de mener une croisade idéologique contre les élus locaux, dénonçant les 500.000 euros de subventions publiques annuelles accordées à l’association.
Dans un message posté sur les réseaux sociaux, Sébastien Leroy ironise : “Après le burkini c’est la vie, l’abaya c’est sympa, les crèches de Noël à la poubelle, la LDH attaque l’arrêté interdisant la baignade habillée à Mandelieu.»
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La jurisprudence anti-burkini s’affirme d’année en année. Mais pour l’édile, ce type de décisions illustre avant tout le “vide juridique” dans lequel les maires se retrouvent face à des sujets de plus en plus sensibles sur le terrain.


