Comme prévu, l’agglomération de Cannes va se doter d’un site de production d’hydrogène propre d’ici la fin de l’année 2025. Le carburant, produit à partir des eaux usées traitées, va permettre d’alimenter 42 véhicules du réseau Palm Bus, avec une mise en circulation dès 2026.
C’est un cap écologique majeur que s’apprête à franchir le réseau de transport en commun de Cannes. La première station d’hydrogène vert de Provence-Alpes-Côte d’Azur va bientôt être mise en service.
Ce jeudi 24 juillet, sur le site localisé avenue de la Roubine à La Bocca, à proximité du dépôt de la régie Palm Bus, la première pierre a été symboliquement posée par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’agglomération Cannes Lérins, Charles Ange Ginésy, Président du Département des Alpes Maritimes, ainsi que les partenaires de ce projet d’envergure.
En réalité, les travaux ont débuté à la mi-juin. Sur place, les fondations sont en cours de réalisation. “Les premiers modules ont été préassemblés sur un autre site pour gagner du temps”, a précisé David Lisnard.
“L’hydrogène est une source d’énergie puissante et surtout non polluante”, a rappelé le maire de Cannes. “Nous voulons permettre à nos mobilités d’être alimentées par une énergie locale, propre et décarbonée. Ce projet a du sens écologique mais aussi économique.”
De l’hydrogène vert produit sur place grâce aux eaux usées traitées

Et c’est là toute la singularité de ce projet. Cette usine sera la toute première de la Région Sud à produire de l’hydrogène bas carbone via le procédé d’électrolyse à partir des eaux usées recyclées par la station d’épuration Aquaviva.
Mais comment cela fonctionne ? Concrètement, l’hydrogène sera produit sur place grâce à une technologie portée par la filiale d’EDF Hynamics. L’eau d’égout traitée est d’abord acheminée vers le site en question.
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Christelle Rouillé, directrice générale d’Hynamics, détaille : “Produire de l’hydrogène vert, cela passe par un électrolyseur. C’est un appareil qui utilise de l’électricité (issue du réseau bas carbone français, ndlr.) pour séparer l’eau en deux éléments grâce à une réaction chimique : l’hydrogène et l’oxygène. C’est un procédé simple et propre, qu’on appelle électrolyse.”
Le site pourra générer jusqu’à 800 kg d’hydrogène par jour et éviter l’émission annuelle d’environ 3.200 tonnes de CO2. Quant aux véhicules, ils pourront effectuer un plein d’hydrogène en 15 minutes environ.
La première mise en circulation de 14 premiers bus à hydrogène est prévue pour début 2026. D’ici 2033, 41 véhicules propres circuleront dans l’agglomération (18 bus articulés et 23 standards). À terme, l’ensemble du réseau Palm Bus comptera 107 véhicules propres, incluant également les modèles électriques.
“Ce projet ne date pas d’hier. Nous avons lancé notre transition énergétique depuis plus de dix ans, et nous poursuivons avec constance nos engagements en matière de développement durable”, a déclaré David Lisnard. “Il s’agit de faire de Cannes et de son bassin de vie une référence en matière de transport public décarboné.”
Un projet à plus de 50 millions d’euros

Le chantier, évalué à 16 millions d’euros pour la seule station, est co-financé par plusieurs partenaires, dont Hynamics (51%), Cannes Lérins (25%), la Banque des Territoires (20%) et la SEM Green Energy du Département des Alpes-Maritimes (4%).
À cela s’ajoute un investissement de 35 millions d’euros pour l’achat des bus auprès d’Heuliez ou Mercedes. Dont une partie est prise en charge par l’Ademe, la Région Sud et l’Union européenne à travers le programme de financement “Connecting Europe Facility” pour 2,56 millions d’euros. Soit un coût total évalué à plus de 50 millions d’euros.
“Ce projet emblématique incarne l’ADN du Green Deal départemental : transformer nos défis écologiques en leviers de souveraineté locale”, a salué Charles-Ange Ginésy, président du Département des Alpes-Maritimes.
La station d’hydrogène ne servira pas uniquement les besoins de Cannes. Elle alimentera également la Principauté de Monaco. “C’est bien plus qu’une innovation technique”, a insisté David Lisnard. “C’est un symbole d’autonomie énergétique, d’écologie territoriale, et de bon sens.” La fin des travaux est prévue pour décembre 2025.




