David Lisnard est monté au créneau ce lundi en conseil municipal pour dénoncer le manque criant de policiers nationaux sur le terrain et au commissariat de Cannes. En ce début de saison estivale, le maire s’inquiète pour la sécurité des mois à venir et déplore l’absence de réponses concrètes de la part de l’État.
Le constat est sévère et le ras-le-bol s’affiche une nouvelle fois publiquement. Alors que la Côte d’Azur et Cannes entrent dans leur période de plus forte affluence, la sécurité repose de plus en plus sur les seules épaules des communes.
Une situation intenable pour le maire de Cannes, David Lisnard, qui pointe du doigt le désengagement progressif des forces de l’ordre en pleine nuit. Avec l’exemple récent du Cannes Lions où la police nationale est restée, selon lui, invisible.
Des appels au 17 qui restent sans réponse

Le maire rappelle d’ailleurs une vérité juridique souvent oubliée. La police municipale reste optionnelle en France, contrairement à la police nationale.
« Imaginez une nuit à Cannes, Nice ou Antibes sans police municipale. En tout cas, on peut imaginer une nuit sans police nationale. Et ça c’est impensable. Pourtant, c’est ce que nous venons de vivre pendant le Cannes Lions, événement colossal », s’est indigné l’élu en début de séance de conseil municipal ce lundi 29 juin.
Pour appuyer ses propos, le premier magistrat a énuméré plusieurs rapports récents : « La nuit du 28 juin, à 1h07 sur l’avenue Pierre Sémard, un homme menace de mort un agent de sécurité qui tente de joindre les secours à trois reprises, sans succès, obligeant la police municipale à intervenir. Plus tard, à 1h55, aucun équipage national n’était disponible pour un vol de moto, ni la nuit précédente pour assister les pompiers sur une tentative de suicide ».
Au-delà des chiffres, c’est la gestion globale de la sécurité publique qui est contestée. L’élu cannois, qui rappelle avoir déjà adressé une trentaine de courriers auprès du ministère de l’Intérieur, dénonce un système à bout de souffle où les forces de l’ordre se retrouvent noyées sous la paperasse au détriment de la présence sur la voie publique.
« Soutenir la police nationale, c’est dénoncer cette incongruité d’être dans le pays qui a le record du monde de la dépense publique, et d’avoir de moins en moins de policiers nationaux sur le terrain à cause notamment de procédures administratives et bureaucratiques qui plombent toute la procédure judiciaire et policière », regrette David Lisnard.
L’inconnu total pour les effectifs de l’été à Cannes
Cette pénurie chronique de patrouilles ne toucherait pas seulement le bassin cannois, mais s’inscrirait dans une crise nationale bien plus vaste. « La réalité que nous affrontons dans quasiment toutes les communes de France. Il y a dans les faits de moins en moins de policiers nationaux dans la rue, notamment la nuit. La situation est objectivement de pire en pire dans toute la France, chez nous comme ailleurs », analyse le maire.
À quelques jours des grands chassés-croisés de l’été, l’inquiétude grandit en mairie quant aux renforts estivaux habituels : « Au moment où je vous parle, j’ignore quels seront les effectifs de police nationale sur la commune de Cannes pour l’été ».
« La présence de la police nationale n’est pas à la hauteur, notamment la nuit, malgré la qualité des policiers nationaux dont je salue l’engagement », regrette l’édile pour qui « il est impensable de se taire face à une telle carence de ce qui fait la raison d’être de l’État ».

