Une envie de fuir la chaleur étouffante du littoral et le bitume surchauffé des grandes villes de la Côte d’Azur ? Nichée à moins de deux heures de route de Cannes, la vallée de l’Estéron abrite l’une des plus belles rivières sauvages de France, où il est possible de se baigner dans des piscines naturelles totalement préservées.
Ici, une eau d’une clarté absolue s’écoule paisiblement à l’ombre des pins, des saules et des peupliers. Bien loin de la cohue de la Côte d’Azur, la vallée se dévoile enfin. C’est là qu’une rivière sauvage, l’Estéron, serpente au cœur de l’arrière-pays des Alpes-Maritimes, à seulement 1h45 de route de Cannes.
Descendant tout droit de la montagne du Teillon, là où elle prend sa source à 1 160 mètres d’altitude avant de finir sa course dans le fleuve Var, ce joyau des Alpes-Maritimes doit son nom à « Estrella », qui signifie étoile. Un patronyme poétique qui résume parfaitement la beauté du site, long de 67 kilomètres de rives.
Baignade sauvage dans les piscines naturelles

Les fameuses « launes », ces vasques naturelles creusées directement dans la roche calcaire par la force du courant, attendent les baigneurs pour un plongeon vivifiant.
Et le contraste entre le vert émeraude de ses eaux cristallines et la blancheur des falaises donne l’impression tenace d’évoluer dans un vrai décor de carte postale. En 2018, l’Estéron a d’ailleurs été labellisée parmi les belles rivières sauvages de France.
Par la couleur de l’eau et de ses reliefs escarpés, le site rappelle inévitablement les célèbres gorges du Verdon. Pourtant, la comparaison s’arrête là. Ici, on ne trouve ni grands camps de vacances, ni bases nautiques.
La rivière est principalement bordée par la forêt qui plonge abruptement dans le lit de la rivière, ce qui a empêché l’urbanisation et préservé la quiétude absolue des lieux.
Une ancienne frontière naturelle devenue havre de paix

Sur les rives de l’Estéron, chacun compose son programme entre farniente et grand frisson. Plusieurs spots de canyoning et d’escalade attendent les plus sportifs au cœur des parois rocheuses et des clues profondes. Quant aux adeptes du calme, l’endroit se savoure aussi en posant sa serviette pour une déconnexion totale.
Les marcheurs peuvent cheminer sur des sentiers ombragés, là où les eaux parfois tumultueuses, parfois calmes, invitent à un apaisement immédiat. Des bancs, installés judicieusement le long des chemins de randonnée, permettent d’admirer le paysage en toute sérénité.
Mais bien avant d’accueillir les visiteurs, ce cours d’eau vif gardait l’ancienne frontière naturelle séparant la France du comté de Nice, à l’époque où ce dernier appartenait encore au royaume de Piémont-Sardaigne.
Prendre le frais dans cette vallée offre ainsi l’opportunité de découvrir un arrière-pays au patrimoine historique discret mais fascinant. N’hésitez pas à faire un crochet par les villages perchés de La Roque-en-Provence et de Roquesteron pour prolonger la balade à travers des ruelles escarpées et des places ombragées. Les fontaines séculaires y distribuent une eau fraîche, parfaite pour remplir les gourdes avant de repartir explorer les environs.
Une halte s’impose enfin du côté d’Aiglun pour observer le vallon de Végay et sa cascade monumentale de 140 mètres de haut. Ce spot, classé comme monument naturel depuis 1933, impressionne par ses trois sauts successifs au milieu des falaises.

