Près de deux ans de travaux ont été nécessaires pour transformer en profondeur le centre d’art municipal La Malmaison. L’an dernier, la Ville de Cannes affichait l’ambition d’en faire un pôle culturel incontournable sur la Côte d’Azur. Un an après sa réouverture, le pari est-il tenu ?
C’était il y a un peu plus d’un an. Le 31 janvier 2025, Cannes inaugurait en grande pompe, avec feu d’artifice et DJ set en plein air, son centre d’art contemporain métamorphosé, La Malmaison.
Au terme d’un vaste chantier à 11 millions d’euros, cette villa Belle Époque emblématique de la Croisette, à l’époque rattachée au Grand Hôtel (aujourd’hui Le Mondrian), a été entièrement rénovée.

Tout a été refait, du sol au plafond en passant par la façade historique reproduite à l’identique. Une salle multimodale et une librairie spécialisée dans l’art ont été créées. Ainsi que les équipements en matière d’accessibilité (rampe PMR, ascenseur) et de sécurité. Sans oublier l’aménagement complet du toit, qui accueille le Café Olympe, un rooftop avec l’une des plus belles vues sur Cannes.
Si auparavant seul le rez-de-chaussée accueillait des œuvres, les trois niveaux sont accessibles au public. Des étages entièrement réhabilités qui ont permis de tripler la surface d’exposition, passant de 200 à 600 mètres carrés. Une transformation nécessaire pour la mairie qui ambitionne d’en faire LE centre d’art contemporain de la Côte d’Azur.
Des expositions variées toute l’année

Douze mois plus tard donc, le centre d’art contemporain semble déjà avoir trouvé son rythme. Plusieurs expositions de qualité ont été organisées tout au long de l’année. D’abord Luxe, calme et volupté avec des œuvres de Cézanne, Monet, Bonnard ou encore Picasso, suivi par Poussière d’étoiles, signée Jean-Michel Othoniel, célèbre plasticien français, qui avait même habillé la façade et le parvis de la villa.
Actuellement et jusqu’au 21 juin prochain, La Malmaison met à l’honneur le travail de Carole Benzaken, artiste reconnue sur la scène française et internationale. Cette exposition baptisée Jam Session retrace plus de vingt ans de création, inspirés par le jazz, mais aussi par une période charnière pour l’artiste. Au début des années 2000, elle s’installe à Los Angeles, à Inglewood, dans le quartier de South Central. Une expérience qui marque son travail et nourrit cette exposition de 140 œuvres, entre peintures et dessins.
Fréquentation, retour du public et ambition pour La Malmaison

Un an après sa réouverture et plusieurs expositions, La Malmaison attire déjà un public large et diversifié. Les 80.000 visiteurs annuels visés par la municipalité n’ont pas été atteints, mais le centre confirme son fort attrait.
“Nous avons déjà accueilli 58.000 visiteurs. C’est une bonne première année. Le site doit continuer de se faire connaître, mais globalement, nous sommes assez fiers”, explique Hanna Baudet, directrice du Pôle d’Art Contemporain de la Ville de Cannes. Tandis que les recettes de billetterie ont atteint 211.292 euros en 2025.
Le centre a réussi à s’imposer rapidement dans le paysage culturel local. “Les Cannois ont vite pris possession des lieux. Environ 45% de nos visiteurs viennent d’ici”, souligne-t-elle, avant d’ajouter : “La Malmaison séduit également des amateurs venus d’autres régions et de l’étranger”.
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Le centre d’art contemporain ne se limite pas aux expositions. “Nous proposons des ateliers liés aux expositions, des visites thématiques, des projections et des conférences. L’objectif est que la Malmaison soit un lieu vivant, accessible et qu’elle attire tous les publics”, conclut-elle.
Pour enrichir l’offre, l’équipe souhaite multiplier les partenariats. Médiathèques, associations locales mais aussi le Palais des Festivals. “Nous voulons créer des passerelles, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour que la Malmaison soit pleinement intégrée à l’écosystème culturel cannois. Nous prévoyons d’organiser davantage de prestations artistiques, mais aussi des concerts et des escape games”, ajoute Hanna Baudet.
