Face à la flambée des prix des carburants, le maire de Cannes et candidat à la présidentielle David Lisnard propose de suspendre les certificats d’économie d’énergie (CEE). Une mesure qui permettrait, selon le patron de Nouvelle Énergie, de baisser immédiatement la facture à la pompe.
Le gazole n’a jamais été aussi cher en Europe. Ce jeudi 24 septembre, son prix atteint 2,40 euros le litre en France. Une crise des carburants sans précédent, sur fond de tension au Moyen-Orient, s’impose dans le débat public. Et le sujet brûle, à huit mois de l’élection présidentielle.
Pour répondre à la colère légitime qui gagne de nombreux Français touchés par cette crise, le gouvernement a annoncé cette semaine de nouvelles mesures. Reconduction et élargissement de la prime « grands rouleurs » à 5,5 millions de personnes, aides pour les pêcheurs et les agriculteurs, plafond relevé du chèque carburant versé par l’employeur… Une « réponse amplifiée, élargie et qui préserve l’équilibre de nos finances publiques », d’après l’exécutif. Un paquet de mesures donc, qui représente un coût de 450 millions d’euros.
« Quand des Français ne peuvent plus se rendre au travail, l’urgence est de leur permettre de faire le plein »

Mais ces réponses sont loin de faire l’unanimité, notamment chez les prétendants à l’Élysée. Du côté de la gauche, on réclame davantage d’aides, avec un chèque-énergie triplé, le plafonnement des marges ou encore le blocage des prix à 1,70 euro. À droite, le candidat LR Bruno Retailleau prône plutôt la suppression pure et simple des certificats d’économie d’énergie (CEE). Une ligne partagée par le Rassemblement national.
D’autres tablent plutôt sur la suspension de ces certificats pendant plusieurs mois. C’est le cas de David Lisnard. Sur X, le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle assure que cela pourrait faire baisser immédiatement les prix « jusqu’à 17 centimes par litre ».
Une mesure qu’il avait déjà avancée au printemps dernier pour alléger la facture à la pompe. « Suspendre pendant six mois l’obligation des CEE sur les carburants est la meilleure solution, pour baisser pour tous le prix du carburant, pour les finances publiques, et sans sacrifier la rénovation énergétique, a-t-il expliqué. Quand des Français ne peuvent plus se rendre au travail, l’urgence est de leur permettre de faire le plein. »
L’initiative prône un juste milieu. « Il ne s’agit ni de supprimer sans analyse les CEE, ni de défendre aveuglément le système actuel. Il s’agit d’agir pour le pouvoir d’achat des Français sans repartir dans la politique du chèque sans provision », avance le maire de Cannes, pour « faire preuve de bon sens ».
Les CEE, de quoi s’agit-il ?
D’abord, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’un impôt qui alimente les caisses de l’État, mais d’un outil créé en 2006 pour financer la rénovation, la transition et les économies d’énergie.
En clair, ce mécanisme des certificats d’économies d’énergie (CEE) oblige les fournisseurs du secteur à payer pour ces chantiers écologiques. Un système étendu aux stations-service depuis 2011, qui répercutent cette addition sur le prix au litre.
L’État ne gagne rien dans l’affaire. C’est donc juste une règle imposée aux entreprises, qui finissent par la faire payer entièrement aux automobilistes à chaque passage à la pompe. « La Cour des Comptes a estimé que chaque ménage avait contribué aux certificats à hauteur de 164 euros en moyenne en 2023 en réglant des factures d’énergie et en payant son carburant », a rapporté Franceinfo.
Suspendre ou supprimer ces CEE permettrait donc d’agir tout de suite sur le porte-monnaie. Le prix du plein baisse immédiatement, et sans créer de trou dans le budget national, contrairement à une baisse des taxes classiques qui coûterait très cher aux finances publiques.
D’autant qu’en 2025, l’État a encore durci les règles pour booster le financement de la transition écologique, en ciblant la mobilité électrique et la rénovation des bâtiments. L’obligation imposée aux fournisseurs grimpe ainsi de 27% entre 2026 et 2030. L’enveloppe globale de ce dispositif passe de 6 milliards d’euros en 2025, à plus de 8 milliards en 2026.


