Face à la multiplication des usages détournés du protoxyde d’azote, le gouvernement a annoncé un tour de vis. Des mesures plus strictes saluées par le maire de Cannes, qui y voit toutefois une prise de conscience tardive.
Cartouches abandonnées sur les trottoirs, soirées marquées par les bonbonnes, accidents mortels liés à ce gaz en hausse… La consommation détournée de protoxyde d’azote s’est installée partout en France. Et elle fait des ravages. Face à ce phénomène inquiétant, l’État a décidé de passer à l’offensive.
Invité sur TF1 ce mardi 24 mars, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a détaillé un durcissement du cadre légal visant directement les usages de ce gaz, longtemps tolérés. Jusqu’ici, seule la vente aux mineurs était réellement encadrée.
Désormais, la consommation elle-même sera sanctionnée. Tout comme le transport sans motif ou la conduite après usage de ce “gaz hilarant”. Les peines peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 9.000 euros d’amende.
“Trop de drames ont eu lieu, trop de temps a été perdu”

Pour David Lisnard, maire de Cannes, cette évolution est accueillie comme une reconnaissance d’un combat engagé depuis plusieurs années. La municipalité rappelle avoir pris les devants dès 2020 en interdisant la consommation sur l’espace public, avant de proscrire la vente de bonbonnes aux particuliers en 2025.
“Depuis six ans, nous alertons et agissons contre la consommation et la vente de protoxyde d’azote. Cannes a été la première commune de France à prendre des décisions fortes pour lutter contre ce fléau sécuritaire et sanitaire”, a indiqué l’édile.
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Et d’ajouter : “Je me réjouis que l’État décide enfin de suivre l’exemple cannois à l’échelle nationale. Trop de drames ont eu lieu, trop de temps a été perdu. Cette décision va dans le bon sens, mais nous serons particulièrement vigilants quant à sa mise en œuvre concrète et à l’effectivité des contrôles.”
En 2025, 326 PV ont été dressés pour consommation de protoxyde d’azote sur la voie publique à Cannes, signe d’un phénomène encore bien présent malgré les restrictions.
