Monument de la presse, de la radio et de la télévision française, Philippe Bouvard est décédé ce lundi 24 août à l’âge de 96 ans à Cannes. Le fondateur des « Grosses Têtes » et dénicheur de talents du « Théâtre de Bouvard » laisse derrière lui plus de 60 ans d’une carrière hors norme.
Une voix familière s’éteint, et avec elle tout un pan de l’histoire des médias. Philippe Bouvard est mort à l’âge de 96 ans ce lundi 24 août 2026 à Cannes. Son épouse a transmis la triste nouvelle ce matin à RTL, station dont l’animateur avait fait les beaux jours durant près de quatre décennies.
Pour le grand public, l’homme incarnait d’abord un rire et une impertinence quotidienne à la tête de l’émission « Les Grosses Têtes » sur RTL, qu’il avait lui-même créée en 1977. Ce rendez-vous culte réunissait jusqu’à 2,5 millions d’auditeurs chaque après-midi.
Philippe Bouvard, journaliste passionné et amoureux des mots

À la télévision, son rendez-vous « Le Théâtre de Bouvard » sur Antenne 2 a servi de tremplin à toute une génération d’humoristes devenus incontournables.
Mais derrière l’amuseur indompté se cachait avant tout un amoureux de l’écrit, dont la plume de génie aura marqué l’histoire de la télévision et de la presse française.
Avant d’enchaîner les bons mots sur les plateaux de télé, Philippe Bouvard s’est d’abord construit dans les salles de rédaction. Le Figaro, France-Soir, Paris Match ou encore L’Express ont accueilli la signature de cet homme de presse curieux et passionné. Également auteur de théâtre et dialoguiste pour le cinéma, il avait signé plus d’une cinquantaine de livres tout au long de sa vie.
Installé sur la Côte d’Azur depuis plusieurs années, il avait choisi Cannes pour y passer ses dernières années. Un vrai Cannois d’adoption qui y apparaissait encore entouré des siens.
En novembre 2024 au théâtre Croisette, il avait assisté à l’avant-première du documentaire Les 1001 vies de Philippe Bouvard, réalisé par Fabrice Gardel et Edward Beucler. À travers archives et témoignages, ce film retrace le parcours d’un homme au style inimitable.
Boulimique de travail et touche-à-tout de talent, ce journaliste à la plume acerbe aura marqué la presse écrite, les plateaux de télé, comme les studios de radio.
« Je perds aussi celui qui était devenu un ami »
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le maire David Lisnard a rendu hommage à l’animateur. « Cannes perd l’un de ses plus illustres habitants, la France perd l’une de ses plus grandes voix », écrit-il.
L’élu cannois évoque la mémoire de celui qui était « devenu un ami » et salue un parcours exceptionnel, des débuts de coursier au Figaro jusqu’à son statut de référence : « Il en a tiré une insolence rare, parce qu’elle était sans fiel. Il a prouvé que l’on pouvait tout dire, du plus futile au plus grave, sans jamais céder ni à la lourdeur ni à l’autocensure. Chez lui, le rire était une forme de liberté. »
L’élu a aussi rappelé l’attachement du journaliste pour la commune : « Il aimait Cannes depuis ses huit ans, quand ses parents lui offrirent son premier séjour ici. Il s’était promis d’y vivre. Il a tenu parole cinquante ans plus tard. ‘Quand on vit à Cannes, nul besoin de mourir pour connaître le paradis’, disait-il de notre ville. »
David Lisnard, qui lui avait remis la Médaille d’or de la Ville en 2018, adresse ses « condoléances émues » à tous ses proches.
