C’est le grand coup d’envoi du Cannes Lions 2026. Cette semaine, le festival de la créativité mondiale s’empare de la ville avec ses infrastructures géantes et ses centaines de marques internationales. Nicolas Gorjux, le président du Palais des Festivals, répond à nos questions sur l’envers du décor de ce mastodonte.
Impossible de les rater. Depuis plusieurs jours, de monumentales structures éphémères transforment les abords du Palais des Festivals, habillent les plages de la Croisette et recouvrent les façades des hôtels. Le Cannes Lions 2026, qui se tient du lundi 22 au vendredi 26 juin, en impose.
Ce rendez-vous mondial de la créativité attire chaque année les plus grandes marques de la planète. Pendant cinq jours, Netflix, Google, Meta ou Disney s’affichent partout en ville. Face à cette effervescence, on a posé cinq questions au président du Palais des Festivals de Cannes, Nicolas Gorjux, afin de comprendre les enjeux pour l’économie locale, mais aussi les grands défis logistiques.
Cannes Actus : Le Festival de Cannes affiche des chiffres records. Mais qu’en est-il du Cannes Lions ?

Nicolas Gorjux : Ce sont deux rendez-vous bien différents, tant par leur durée que par le nombre et le profil des participants. Le Festival de Cannes 2026, premier événement culturel au monde, a rassemblé 40.000 accrédités sur 12 jours. L’an dernier, les retombées économiques pour le bassin s’élevaient à 220 millions d’euros.
De son côté, le Cannes Lions se déroule sur cinq jours et réunit 13.000 professionnels. En 2025, il a généré 165 millions d’euros de retombées économiques. Il est particulièrement plébiscité par les socioprofessionnels cannois, dont l’implication est indispensable à la réussite d’une telle manifestation. Que ce soit les hôtels, les restaurants et les commerces, tous enregistrent de très bons résultats.
C.A : Le Cannes Lions se tient à peine un mois après le Festival du Film. Comment les équipes du Palais des Festivals s’organisent-elles pour gérer à nouveau ce pic d’affluence ?
N.G : Après une 79e édition du Festival de Cannes réussie, nous avons accueilli le tournage de la série The White Lotus pendant une semaine, puis le Data Cloud qui a réuni pas moins de 6.500 accrédités début juin. Place maintenant au très impressionnant Cannes Lions.
Les équipes du Palais des Festivals sont pleinement mobilisées et particulièrement concentrées. L’organisation d’un tel rendez-vous est rendue possible grâce à leur professionnalisme. Avec une activité de 12 mois sur 12 et pas moins de 170 manifestations à l’année, elles ont l’habitude de gérer ces flux tendus. Mais il ne faut pas se rater.
C.A : L’événement occupe une bonne partie du centre-ville. Comment est orchestré le montage des structures, que ce soit au Palais ou sur la Croisette ?
N.G : Il faut compter 20 jours de travail pour tout mettre en place. Notre priorité absolue reste de réduire au maximum la gêne pour les Cannois et de raccourcir les délais. Sur le terrain, les équipes du Palais ont développé un savoir-faire hors norme pour monter et démonter dans des délais records avec de véritables prouesses techniques.
Le déploiement du Cannes Lions est assez impressionnant. La totalité de la surface du Palais des Festivals est occupée. À l’extérieur, les marques investissent les hôtels, transforment presque toutes les plages privées de la Croisette et s’installent même sur 24 bateaux.
C.A : Comment Cannes fait-elle la différence face à d’autres destinations mondiales pour conserver ce type d’événements très convoités ?
N.G : La bataille est permanente, mais Cannes dispose d’atouts majeurs. Le premier, c’est l’expertise du Palais des Festivals. Nous avons développé un savoir-faire unique pour optimiser les espaces, accueillir au mieux les congressistes et moduler nos surfaces.
L’autre point fort, c’est la capacité d’accueil exceptionnelle. Notre ville propose une offre hôtelière très diversifiée dans un périmètre restreint. C’est un écosystème quasiment unique au monde, renforcé par une excellente connectivité à la gare et aux aéroports.
Enfin, il y a l’attractivité même de la destination. D’importants investissements sont réalisés pour embellir l’espace public et garantir une sécurité maximale. Quand un tel rendez-vous est maintenu, c’est une victoire collective, que ce soit pour les socioprofessionnels, la municipalité, le Palais et aussi les Cannois.
C.A : Des rumeurs évoquent un possible départ du Cannes Lions l’année prochaine. Qu’en est-il réellement ?
N.G : C’est un mythe. On entendait dire que le MIPIM allait quitter la ville. C’est pareil pour le Lions. Le Palais des Festivals fait tout pour rester compétitif face à une concurrence internationale extrêmement forte. Bien entendu, il ne doit y avoir aucune défaillance.
Des réunions de préparation ont lieu toute l’année avec les organisateurs, et se poursuivent pendant l’événement pour ajuster le tir en temps réel. Côté sécurité, nous faisons un point avec les services de l’État avant chaque congrès. La police municipale de Cannes est alors massivement déployée sur le terrain, et la sécurité privée du Palais augmente ses effectifs pour filtrer les entrées et surveiller le site.
