Des bus de l’agglomération de Cannes roulent désormais à l’hydrogène vert conçu localement à partir des eaux usées traitées. Une innovation pionnière en France, qui présente des avantages écologiques, mais aussi en termes de performance.
Un an après la pose de la première pierre, la station d’hydrogène vert de Cannes entre officiellement en service. Cette unité de production 100% locale va permettre d’alimenter des bus du réseau des transports en commun de l’agglomération Cannes Lérins en utilisant les eaux usées traitées. Et ça, c’est une première en France !
Ce vendredi 5 juin, les 14 premiers véhicules fonctionnant avec cet hydrogène renouvelable ont été présentés. Des bus flambant neufs qui rejoignent le réseau Palm Bus, dont l’ensemble de la flotte est entièrement décarbonée depuis 2023 avec des engins électriques et d’autres roulant au biocarburant français.
À Cannes, de l’hydrogène renouvelable produit localement grâce aux eaux usées traitées

C’est là que ce projet innovant prend tout son sens. D’abord, l’hydrogène utilisé pour alimenter les bus est directement produit dans un nouveau site à Cannes. Il n’y a donc aucun coût supplémentaire pour acheminer l’énergie. Mieux encore, cette usine dernier cri, construite en à peine un an, se situe au sein même du dépôt de bus de l’agglomération, avenue de la Roubine.
Mais le véritable point fort de cette technologie réside dans son mode de fabrication en circuit court. L’unité de production est directement reliée à la station d’épuration Aquaviva. Ce sont les eaux usées traitées qui sont récupérées pour fabriquer cette énergie totalement décarbonée.
« Grâce au procédé de l’électrolyse, la molécule d’eau (H2O) est séparée pour en extraire d’un côté l’hydrogène et de l’autre l’oxygène, permettant ainsi de fabriquer l’hydrogène vert qui est stocké sur place », explique Christelle Rouillé, directrice générale d’Hynamics filiale du Groupe EDF. Cela garantit une ressource abondante, renouvelable et avec un impact environnemental limité, puisque ce processus n’utilise pas d’eau potable.

L’hydrogène vert est ensuite injecté dans les véhicules pour être converti en électricité à bord grâce à une pile à combustible. Ce qui change totalement la donne par rapport aux modèles électriques classiques qui dépendent de batteries pour stocker leur énergie. Des célules
Et si un bus électrique autorise une autonomie de 200 kilomètres, ceux fonctionnant à l’hydrogène offrent un rayon d’action plus important. « Ils sont plus légers et peuvent effectuer jusqu’à 400 kilomètres. Faire le plein d’hydrogène ne prend que 15 minutes, contre environ 7 heures pour un engin électrique », explique Frédéric Marandon, directeur de Palm Bus.
Pas de coût supplémentaire pour les usagers et des économies à la clé
En plus des avantages opérationnels pour le réseau, David Lisnard, président de l’Agglomération Cannes Pays de Lérins, rappelle les bénéfices concrets pour le climat : « Cette opération d’ampleur nous permet d’économiser 3.228 tonnes de CO2 chaque année. C’est comme si on en enlevait 1.700 voitures de la circulation ».
Cette technologie a bien sûr un coût. La mise en service de l’hydrogène vert pour le réseau Palm Bus représente un investissement colossal de 50 millions d’euros. Un montant qui se répartit avec 15 millions d’euros injectés dans la station de production locale, et 35 millions d’euros dédiés à l’achat des véhicules.
Mais David Lisnard l’assure, cela n’aura aucun impact sur pour l’usager. « Cet investissement conséquent ne se traduit pas par une augmentation du ticket de bus ».
D’ici 2033, 41 bus à hydrogène renouvelable circuleront sur le bassin de Cannes. Ces nouveaux modèles propres viendront remplacer progressivement les engins à biocarburant thermique.
