Le tribunal administratif a annulé la décision de la mairie de Cannes de retirer la place sur le marché de La Bocca attribuée au père de l’un des agresseurs d’Angèle, 89 ans, en 2022. Malgré ce revers judiciaire, la Ville reste déterminée et réaffirme que l’emplacement ne sera pas réattribué.
L’agression violente d’une dame de 89 survenue en 2022 fait de nouveau parler. Une affaire judiciaire qui met aux prises un commerçant, la justice administrative et la municipalité, bien décidée à ne pas céder, et ce depuis près trois ans.
Une réponse ferme à une violente attaque
Tout a commencé en août 2022, lorsqu’une agression d’une violence inouïe bouleverse les Cannois, et rapidement la France toute entière. Angèle, 89 ans, est attaquée et frappée en pleine rue, juste devant chez elle, par trois mineurs pour quelques euros. Les auteurs, qui repartent avec un butin ridicule, laissent l’octogénaire à terre. Dans la foulée, on apprend que l’un des auteurs est le fils d’un commerçant présent sur le marché de La Bocca.
💬 “Je ne suis pas trop en colère, est-ce de leur faute ou celle de leur parents?”
— BFM Nice Côte d’Azur (@BFMCotedazur) September 5, 2022
👉 Angèle Houin, la retraitée agressée par trois mineurs à Cannes, témoigne sur BFMTV pic.twitter.com/Vp66uRd5AU
Profondément choquée, la Ville réagit immédiatement en retirant à ce dernier sa place de marché, utilisée une demi-journée par semaine. Une manière, selon elle, “de rétablir une forme de justice morale et de préserver l’ordre public dans un contexte tendu”.
En décembre 2022, le père du jeune impliqué a tenté d’obtenir l’annulation de la décision municipale en s’adressant au juge des référés, sans succès. Par la suite, il a engagé une procédure contre la Ville, reprochant à la municipalité d’avoir exposé publiquement son identité. Entre temps, les deux agresseurs ont de nouveau été interpellés et incarcérés. Cette fois pour un refus d’obtempérer commis en juillet 2024.
La Ville assume et maintient ses positions
Et nouveau coup de théâtre ce mercredi 21 mai. Le tribunal administratif a annulé la décision de la mairie, donnant raison à M. Azhari. La juridiction a considéré que la décision de la Ville “manquait de fondements précis pour justifier le retrait de l’autorisation accordée”.
Malgré les arguments de la municipalité invoquant “un contexte sensible et des risques de tensions sur le marché”, la justice a estimé que c’était à la police municipale d’assurer la sécurité. L’instance a conclu “qu’aucun élément n’a permis d’établir que la présence de l’intéressé constituait une réelle menace à l’ordre public”. Le retrait a donc été jugé excessif et annulé. La Ville devra verser 1.500 euros à M. Azhari, a‑t-on appris.
Mais pour la mairie, il n’est pas question de faire marche arrière. Dans un communiqué publié ce jeudi 22 mai, la municipalité assume totalement cette prise de position, estimant que “le droit semble parfois plus indulgent avec les auteurs ou leurs représentants qu’avec les victimes”.
Malgré le jugement, la municipalité ne lâche rien. Elle précise qu’elle pourrait interjeter appel, tout en affirmant qu’en aucun cas la place ne sera réattribuée. “On ne peut pas tout faire dans la vie”, explique-t-elle, rappelant qu’il ne saurait être acceptable de profiter du domaine public, entretenu par les contribuables, tout en refusant d’assumer ses responsabilités parentales dans un drame d’une telle ampleur.
La décision, aussi symbolique que polémique, continue de faire débat. La mairie se réserve le droit “d’interjeter appel de la décision du tribunal administratif”.

