Face à l’inquiétante chute du nombre de policiers nationaux à Cannes, David Lisnard interpelle de nouveau le ministre de l’Intérieur. Dans une lettre, le maire réclame l’affectation de personnels permanents plutôt que des renforts temporaires, que ce soit sur le terrain et au sein des services d’enquête.
La crise des effectifs continue de s’aggraver au commissariat de Cannes. Cet été déjà, Julien Hausknecht, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police 06, alertait sur la situation : « les services d’investigation des Alpes-Maritimes sont au fond du gouffre : il y a urgence ».
Pire encore, plus de 14 départs étaient annoncés pour la rentrée de septembre 2026, alors qu’il manque près de 50 policiers nationaux dans la circonscription de Cannes. Début octobre, le maire David Lisnard a donc rédigé une énième lettre au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour demander des moyens durables.
Des services d’enquête réduits à un seul agent à Cannes

Si le ministre de l’Intérieur a bel et bien apporté une réponse écrite au courrier datant d’avril envoyé par l’édile, ce dernier regrette « qu’aucune mesure concrète ne soit proposée pour remédier à l’effondrement des effectifs de la circonscription de police nationale de Cannes depuis 2014 ».
Il explique que les renforts temporaires de CRS, notamment pendant l’été ou lors des congrès, ne résolvent pas le problème : « Ces moyens sont, par définition, ponctuels et non permanents », rappelle David Lisnard. Une « stratégie de compensation nécessaire », mais qu’il juge « précaire » et « pas à la hauteur des enjeux de sécurité publique auxquels Cannes est confrontée ».
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Juste avant le début de la saison estivale, le premier magistrat était déjà monté au créneau. La cause ? La ville avait vécu une nuit sans la moindre patrouille de police nationale sur le terrain en plein Cannes Lions, l’un des événements les plus importants de l’année.
Face à l’urgence, David Lisnard remet donc la pression sur Beauvau et réclame l’affectation prioritaire des prochaines sorties d’écoles sur la circonscription de Cannes.
D’autant que le manque persistant de policiers nationaux pèse directement sur le suivi des dossiers. Le maire rappelle que « le commissariat de Cannes compte une vingtaine d’enquêteurs de moins que l’année dernière, tandis que certains de ceux encore en poste doivent traiter entre 500 et 600 dossiers »
Un manque d’agents qui dégrade donc directement le service rendu aux victimes et aux usagers. Cette situation entraîne aussi un allongement des délais de traitement des plaintes, et fragilise directement les capacités d’investigation. « Le service du quart ne compte plus qu’une seule enquêtrice, tandis que la brigade financière ne dispose plus que d’un seul enquêteur », s’alarme l’édile.
Alors que le gouvernement promet des renforts dans les Alpes-Maritimes, David Lisnard exige d’abord d’occuper les postes existants. À commencer par le tout nouveau commissariat du bâtiment multifonctionnel de Bocca Centre, livré il y a quelques jours.


