Dans le cadre du prestigieux Festival d’Art Pyrotechnique de Cannes, la société française Aquarêve a livré il y a quelques jours un show illuminé saisissant devant des dizaines de milliers de spectateurs. Un feu d’artifice imaginé comme une chorégraphie millimétrée où chaque détail compte. On vous emmène dans les coulisses de ces spectacles hors norme.
En cette soirée de début août, la Croisette est pleine à craquer. Une foule dense s’agglutine en bord de mer pour ne pas en perdre une miette. Chaque été, près de 700.000 curieux viennent à Cannes pour vibrer devant le Festival d’Art Pyrotechnique, l’un des concours les plus prestigieux de la planète.
Après les trois spectacles de juillet, le concours se poursuit en août. Et pour la première date du mois, la France était fièrement représentée par la firme Aquarêve, bien décidée à conquérir le cœur du public. Mais aussi à marquer des points précieux auprès du jury.
À Cannes, la haute précision de la magie pyrotechnique

« C’est une vraie compétition. On se bat contre les meilleurs maîtres artificiers de la planète. Bien sûr, l’objectif est d’aller décrocher la Vestale, le titre suprême », nous explique Matthieu Infanti, gérant d’Aquarêve.
Pour l’entreprise, les feux d’artifice sont avant tout une affaire de famille. « Mon père a créé la société il y a 35 ans. C’est lui qui m’a tout appris, et depuis 3 ans je suis aux commandes », raconte Matthieu, dont l’entreprise est basée en Moselle, près de Metz.
« On travaille depuis janvier sur ce spectacle. Il faut d’abord imaginer la bande son, et ensuite la pyrotechnie. Sur 20 minutes de projection, plus de 4.700 ordres de tirs vont être donnés par le système de mise à feu sur 500 mètres de façade », détaille-t-il.
Yann Rodriguez, programmateur et coordinateur du Festival d’Art Pyrotechnique de Cannes détaille les exigences d’une logistique au millimètre : « l’installation nécessite quatre jours de montage, 12 heures par nuit. C’est le concours le plus exigeant du monde en termes d’infrastructures. C’est assez intense, tout est calculé au mètre près pour que le design du concepteur soit respecté. »
La firme Aquarêve à la conquête du ciel de Cannes

À moins d’une heure du show, la pression monte. Toutes les équipes de la société s’affairent pour peaufiner les derniers réglages. Matthieu échange alors avec un technicien, chargé de lancer le feu depuis une console de commandes : « Tout est bon, on fait une vérif’ ? Avant de lancer, tu peux tester tous les systèmes ? »
S’ils sont activés depuis cette base sur la Croisette via un signal radio, les engins pyrotechniques, eux, sont envoyés depuis 15 barges positionnées en mer. Et derrière la magie des couleurs, c’est une mécanique de précision qui s’opère. Sur le pas de tir, tout est affaire de dosage.
C’est le choix des calibres (ici de 20 à 300 millimètres) qui conditionne tout le spectacle. Plus le diamètre est gros, plus la fusée grimpe haut dans le ciel avant d’exploser en une déflagration chargée de matière pyrotechnique. Puis à 22h, place au show.
Avec sa création « Lux Abyssus - Le Chant de l’Océan », Mathieu Infanti a offert une véritable odyssée sous-marine, en guidant les yeux des spectateurs de la surface de l’eau vers les profondeurs les plus mystérieuses. Un choix artistique tout sauf anodin : « C’est une déclaration à la mer et à notre passion pour le milieu marin », souligne le concepteur.
Pendant 20 minutes, le feu d’artifice illumine le ciel de Cannes. Mais aussi les yeux des milliers de personnes. « Magnifique. C’est le plus beau feu que j’aie jamais vu », lance une spectatrice, émerveillée. Un public visiblement conquis, qui peut voter directement sur le site du Festival d’Art Pyrotechnique pour son show préféré.
