Ce lundi matin, plusieurs bateaux de pêche se tenaient en ligne pour bloquer l’entrée et la sortie du Vieux-Port de Cannes. Les professionnels dénoncent la flambée des prix des carburants, mais aussi l’excès de normes qui étouffe la filière.
Eux aussi ont décidé de faire entendre leur voix. Quelques jours après une mobilisation à Nice, ce sont les pêcheurs de Cannes qui ont fait part de leur colère. Ce lundi 21 septembre aux alentours de 8h, une dizaine de bateaux bloquaient l’entrée du Vieux-Port.
« La mer nous nourrit, l’État nous détruit. » Le slogan s’affiche noir sur blanc sur une banderole déployée sur l’un des bateaux mobilisés. Mais si le dispositif de ce mouvement pacifique a été levé en ce début d’après-midi peu avant 14h, la colère est toujours là.
À Cannes, des pêcheurs à bout de souffle

Le mouvement fait suite à plusieurs blocages qui ont eu lieu dans d’autres ports de France. Les pêcheurs professionnels de la Prud’homie de Cannes, la plus importante des Alpes-Maritimes et du Var, dénoncent la hausse des prix des carburants, devenue un coût insoutenable au quotidien.
« La pêche artisanale est réellement en danger, nous lance l’un d’entre eux. On étouffe depuis déjà des années. Et maintenant avec le prix du gazole qui explose, c’est devenu intenable. On veut juste que l’on nous laisse travailler. » Il demande notamment la mise en place d’un prix fixe du gazole.
Car la flambée des prix des carburants n’est pas la seule cause de la grogne des pêcheurs. Tous dénoncent également un excès de normes qui engendre, par conséquent, des frais supplémentaires. Que ce soit l’installation de sanitaires sur les navires de moins de 12 mètres, mais aussi la mise en place d’une balise GPS à plusieurs milliers d’euros.
Le maire David Lisnard aux côtés des pêcheurs de Cannes
À l’appel de la mobilisation des pêcheurs de Cannes, le maire David Lisnard est venu apporter son soutien, avant d’échanger avec eux. À plusieurs reprises déjà, l’édile a interpellé le gouvernement sur la nécessité de simplifier le cadre réglementaire de la pêche artisanale.
« C’est un combat vital pour des familles entières. Il y en a assez, a-t-il écrit sur X. Derrière les décisions absurdes des têtes pensantes des bureaux parisiens ou bruxellois, il y a des réalités. Il y a des familles qui dépendent de ces activités. Il y a une identité et un savoir-faire à préserver ».
La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, se rend ce lundi à Sète pour échanger de nouveau avec la profession et tenter de trouver des solutions. Il y a quelques jours, elle a annoncé que le montant des aides pour le carburant suivrait l’augmentation des prix du pétrole.



