Caché sur les hauteurs de Cannes, le château Sainte-Anne est à vendre pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce joyau historique, qui a connu plusieurs vies et même un abandon de quelques années avant de renaître, cherche désormais son nouveau propriétaire.
Une silhouette néoclassique résiste encore au temps sur les hauteurs de Cannes. Alors que la plupart des bâtisses d’époque des alentours ont été rasées, le château Sainte-Anne est toujours là debout. C’est donc un vrai morceau d’histoire, localisé dans le quartier Terrefial qui est proposé à la vente.
Tout commence en 1855, lorsque Lady Elisa Purgent fait l’acquisition des lieux. C’est à partir de ce bâti plus ancien, situé au cœur du quartier Terrefial à Cannes, que la demeure néoclassique est érigée en 1868 pour le capitaine Robert Vyner. Baptisé à l’origine château de Monfial, le domaine devient très vite le cœur battant de la vie mondaine locale. Le Prince de Galles et plusieurs familles royales y prennent d’ailleurs leurs habitudes, séduits par la beauté des lieux.
De l’abandon complet à la renaissance culturelle de ce château à Cannes

Mais c’est à l’extérieur que se cache le véritable trésor des lieux. À partir de 1874, le capitaine Robert Vyner entreprend de dessiner un parc d’agrément hors normes d’environ un hectare, façon Versailles.
Et cet écrin de verdure d’exception, composé de fontaines d’époque, de cascades et d’allées symétriques est aujourd’hui soigneusement répertorié à l’Inventaire général du patrimoine culturel. Il sera magnifié dans les années 1920 par la fantasque Lady Michelham, qui y réalise de splendides jardins à la française.
Pourtant, le destin de ce joyau verdoyant vacille à la fin des années 1920. Passée entre les mains d’une certaine Miss Capel, la propriété subit un désintérêt total. Sans aucun entretien durant plusieurs années, les façades se dégradent et es jardins luxuriants retournent à l’état sauvage.

Il faudra attendre fin 1928, lorsque le célèbre éditeur Louis Hachette rachète l’ensemble pour deux millions de francs. Durant 12 ans, il s’attache à redonner vie à ce domaine délaissé. L’homme y réunit la fine fleur des artistes et des écrivains de l’époque.
L’aventure prend un nouveau tournant en 1941. Tombés sous le charme, Gabrielle et Fernand Adda acquièrent le bien. Ces riches négociants d’Alexandrie, célèbres dans la région pour avoir financé la première jetée du port d’Antibes afin d’y amarrer leur yacht, rebaptisent la propriété Oasis El Beïda. Leurs descendants y vivront à l’abri des regards pendant plus de 80 ans.
Une propriété chargée d’histoire qui attend sa nouvelle vie


Aujourd’hui, la propriété dévoile de superbes volumes intérieurs répartis sur environ 550 mètres carrés habitables. Et son décor est resté fidèle à son histoire.
Dès l’entrée, un vaste hall d’accueil doté d’un majestueux escalier d’honneur donne le ton. Le rez-de-chaussée s’ouvre ensuite sur un très lumineux salon de réception, un bureau propice à la concentration, une grande salle à manger et une cuisine entièrement équipée.
Côté nuit, le château dispose de six chambres, chacune avec sa propre salle de bains, dont une grande suite de maître avec un dressing privatif. Un sous-sol de 220 mètres carrés abrite notamment une cave à vins.
À l’extérieur, le somptueux jardin se déploie au milieu d’essences méditerranéennes soigneusement préservées. Une spectaculaire piscine à fond miroir s’intègre parfaitement dans ce paysage de carte postale. Pour compléter l’ensemble, le domaine dispose également d’une maison de gardien entièrement indépendante. Bien sûr le tout avec une jolie vue sur la mer !
Pour s’offrir ce morceau d’histoire et devenir le prochain gardien du château Sainte-Anne de Cannes, le prix affiché par l’agence Nicolas Staes est de 24,9 millions d’euros.



