À seulement 15 kilomètres de Cannes, un joli village perché a frôlé la disparition, avant d’être sauvé par des paysans venus d’Italie. Ce bourg fortifié préserve aujourd’hui un patrimoine intact, mais aussi des panoramas exceptionnels sur la Côte d’Azur.
C’est un village perché atypique, notamment en raison de sa configuration géographique. Auribeau-sur-Siagne tranche avec l’agitation habituelle de la Côte d’Azur. Si en bas, le long de la Siagne et du cours d’eau de la Frayère, le nouveau quartier concentre l’activité moderne, les commerces et les services à une vingtaine de mètres d’altitude, le sommet réserve une tout autre ambiance.
En haut, à 130 mètres de hauteur, le vieux village s’accroche à un éperon rocheux qui rappelle la forme d’un pain de sucre. C’est ici, dans ce havre de silence, que l’histoire locale se lit sur chaque façade.
Auribeau abandonné, finalement sauvé par des paysans italiens

Pour pénétrer dans ce noyau historique, il faut franchir les anciennes portes fortifiées, le Soubran et le Soutran. Ces vestiges du XIIe siècle rappellent le temps où le bourg servait de rempart contre les invasions barbaresques.
En arpentant les ruelles pentues et fleuries, on découvre des maisons anciennes construites à même la roche, la rue du Four ou encore l’ancien castrum médiéval devenu l’hôtel de ville.
Ce calme apparent cache un passé pourtant tumultueux. À la fin du Moyen Âge, Auribeau traverse une crise démographique terrible. Décimé par les guerres successives et les ravages de la peste noire, le site se vide complètement de ses habitants.
Le salut du village intervient en 1496. Le seigneur de l’époque décide alors de faire appel à des familles de paysans en provenance de la côte ligure pour s’installer dans les maisons abandonnées. Ce sont ces nouveaux arrivants qui relanceront la communauté et reconstruiront le bourg.
Au sommet de la colline, l’église Saint-Antoine témoigne aussi de ce passé. Érigée au XVIIIe siècle dans un style roman puis agrandie au siècle suivant, elle abrite une pièce d’orfèvrerie remarquable. Les visiteurs peuvent y observer un reliquaire en argent doré et en émail du XVe siècle. Celui-ci renfermerait la mâchoire de Saint-Honorat, ainsi qu’un calice et un plat en cuivre précieux.
Un balcon sur la Côte d’Azur et l’arrière-pays

Il faut rejoindre la table d’orientation pour achever la balade. Depuis ce belvédère, la vue s’ouvre sur les pentes verdoyantes du Tanneron, la forêt de Peygros, le plateau de Valbonne et les Préalpes de Grasse.
En contrebas, la Siagne s’écoule tranquillement et offre un cadre idéal pour les amateurs de randonnées pédestres, notamment vers l’ancien moulin à farine du Sault.
Avant de quitter la commune, un détour par l’atelier du cirier d’Auribeau permet de découvrir un savoir-faire artisanal traditionnel de fabrication de bougies. Sur la route menant à Grasse, le sanctuaire de Notre-Dame de Valcluse complète cette découverte. Cette chapelle du XVIIe siècle reste un lieu de pèlerinage historique important pour toute la région.



